Publié le mercredi 09 décembre 2009 à 01H00 - Vu 205 fois
Un projet de vidéosurveillance à Prémontré ne ferait pas l'unanimité, des syndicats seraient contre.
C'ÉTAIT à la fin du mois de janvier. Un assassin, condamné à 15 ans de réclusion criminelle, s'enfuit de l'établissement public de santé mentale de Prémontré. Incarcéré à Château-Thierry, il avait été hospitalisé d'office.
Pendant un peu plus de deux jours, une certaine inquiétude va régner, le sachant libre, avant qu'il ne soit interpellé sur Reims.
L'affaire a, bien sûr, relancé le débat sur la sécurité des établissements psychiatriques, quelques semaines après qu'un étudiant soit poignardé à Grenoble par une personne s'étant échappée d'un hôpital psy.
Une réunion de travail avait du reste été organisée à l'initiative notamment de Salima Eburdy, directrice de cabinet du préfet.Du côté de l'établissement, on avait rappelé qu'à l'hôpital on s'occupe de patients et non de détenus.
Près de cent caméras
Il existe une unité spécifique cependant, avec des barreaux aux fenêtres. « Heureusement, les cas de « fugues » sont très rares, avec certains qui retournent chez eux tout simplement. Et l'établissement de Prémontré n'est pas plus concerné que les autres établissements en France », souligne Salima Eburdy.
Les personnes hospitalisées d'office ne sont pas les seules, néanmoins, à prendre la poudre d'escampette.Cela peu aussi être des gens hospitalisés à la demande d'un tiers. Il s'agit là encore d'une hospitalisation sous contrainte qui demande une certaine surveillance.
Et, il y a des périodes, où les forces de l'ordre seraient relativement sollicitées par rapport à ces patients dont on aurait momentanément perdu la trace…Les habitants évoquent des gendarmes qui sont présents régulièrement, même si ici on a pris l'habitude de vivre avec l'hôpital depuis longtemps. « D'ailleurs, la plupart des gens d'ici y travaillent », sourit le maire, Claude Venant, ayant lui-même œuvré pendant des années dans cet établissement.De leur côté, les gendarmes admettent qu'un protocole a été conclu avec l'hôpital, qui n'existait pas auparavant. Les militaires restent évidemment discrets sur le sujet.
On sait juste que cela peut concerner par exemple les délais d'alerte.En attendant, dans le cadre notamment du plan de sécurisation des établissements psychiatriques 2009, voulu par l'Etat, avec des crédits à la clé, un projet de vidéosurveillance est en cour au niveau de l'établissement de Prémontré.
« L'hôpital ne sera jamais une prison, des malades en prison, c'est un scandale et des malades dans la rue, c'est un scandale également », avait déclaré il y a presque tout juste un an, Nicolas Sarkozy.
A Prémontré, on parle de 70 caméras au sein des unités et de 26 caméras à l'extérieur. Tout de même !
L'idée ne ferait pas l'unanimité notamment auprès de certains syndicats, qui seraient prêts à le faire savoir. Des réponses étaient attendues du côté de la direction, mais elles ont dû prendre des chemins détournés. Toujours est-il qu'elles ne sont pas parvenues à temps, malheureusement.
Yann LE BLÉVEC
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