Publié le samedi 11 février 2012 à 12H00 - Vu 70 fois
Patrice Ciprelli - Jeannie Longo : jusqu'ici, tout va encore à peu près bien. Pour combien de temps ?
Les perquisitions poursuivies au domicile du couple Ciprelli-Longo ont accrédité la thèse d'un « dopage permanent » depuis 2007. Mais l'intéressé continue de nier…
LES gendarmes ont identifié quinze achats d'EPO effectués depuis 2007 par Patrice Ciprelli, pour environ 15 000 euros, accréditant la thèse d'un « dopage permanent », ce que conteste le mari et entraîneur de la cycliste Jeannie Longo.
Les investigations menées par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) pendant la garde à vue de Ciprelli ont été fructueuses.
Jusqu'alors, ils ne possédaient que deux factures d'achats EPO passés par M. Ciprelli en mai et juin 2011 pour des montants de moins de 500 euros chacun.
« Dopage permanent »
Mais en allant le chercher dans son appartement de l'Alpe d'Huez (Isère) mercredi matin, ils ont fait « bingo », selon une source proche de l'enquête.
Ils ont en effet mis la main sur un document, que l'entraîneur transportait dans son sac, et sur lequel était inscrit un mot de passe. Grâce à ce mot de passe, les gendarmes ont pu accéder au compte internet qu'utilisait le mari de Jeannie Longo pour passer ses commandes d'EPO, et ont ainsi répertorié ses anciens achats, au nombre de quinze.
Ces achats étaient notamment passés à une pharmacie turque par le biais de sociétés basées à l'Ile Maurice. « Depuis 2007, c'est un dopage permanent », a indiqué cette source proche de l'enquête.
« Patrice Ciprelli s'inscit catégoriquement en faux contre cette allégation des enquêteurs et considère que cette information est fallacieuse », a déclaré son avocat, Me Pierre Albert.
« Les enquêteurs cumulent les command cancelled, c'est-à-dire les commandes qui n'ont pas abouties. C'est soit de la malhonnêteté, soit de l'incompétence. On est scandalisé ! », a ajouté Me Albert.
Il a assuré que M. Ciprelli avait passé entre trois et cinq commandes d'EPO « au maximum » pour un montant compris « entre 1 500 et 2 500 euros ».
Ciprelli, qui a nié dans un premier temps tout achat d'EPO, a reconnu hier en avoir acheté, mais « pour son usage personnel ».
« Il a fait l'objet d'accidents de vélo répétés ces dernières années » et l'EPO est « un reconstituant musculaire », avait indiqué Me Albert.
« Pas très crédible, c'est un peu n'importe quoi », a estimé hier le conseiller scientifique de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Michel Rieu.
« L'EPO n'a aucun effet de cicatrisation documenté. Et il y a des produits beaucoup plus évidents quand on veut reconstituer des muscles, à commencer par les anabolisants. »
En garde à vue depuis mercredi matin, Ciprelli a été libéré hier sous contrôle judiciaire. Il a interdiction d'exercer ses fonctions d'entraîneur sportif et de rencontrer certaines personnes, dont son ami Michel Lucatelli, directeur de l'équipe de France de ski-cross, chez qui il se faisait livrer ses colis d'EPO.
Le mari de Jeannie Longo devra aussi demander une autorisation s'il envisage de sortir de France.
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