Publié le vendredi 18 juin 2010 à 11H00 - Vu 204 fois
LE couperet est tombé hier, en début de soirée, dans l'affaire de viol et d'agressions sexuelles sur une adolescente, examinée depuis mercredi par les jurés de la cour d'assises des Ardennes (voir notre édition d'hier).
La victime, âgée de 17 ans aujourd'hui, avait 11 ans lorsqu'elle a subi les premières agressions de son oncle. Le fait que l'accusé soit récidiviste _il a été condamné à trois reprises par une cour d'assises pour des faits de viol et de tentative de viol_ a pesé très lourd dans la décision des jurés. Un accusé connu internationalement dans la mesure où il avait été condamné en 1975 par le tribunal Allemand à 5 ans de prison pour avoir tenté de violer une jeune fille Allemande âgée de 13 ans. L'accusé s'était fait passer pour un policier afin d'attirer sa victime. L'énoncé du verdict a laissé l'avocat de la défense _Me Francis Pierroux_ sans voix. Il a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette lourde peine.
Dans ce procès, il avait plaidé l'acquittement de son client dans la mesure où ce dernier a toujours nié les faits, depuis ledébut de cette affaire.
En prison jusqu'à ses 80 ans
Dans sa plaidoirie, l'homme de loi avait demandé aux jurés de faire bénéficier son client de la présomption d'innocence : « Le moindre petit doute doit bénéficier à l'accusé car, dans cette affaire, il y a des non-dits qui n'éclairent pas ce procès ; notamment des faits qui se seraient passés entre la victime et son père ».
Ce verdict aura peut-être apporté un peu de réconfort à la victime qui a été bien défendue par le bâtonnier Agnès Chopplet. La partie civile a joué sur le passé récidiviste de l'accusé pour convaincre les jurés de le condamner lourdement.
Mais il y a aussi la société dont les intérêts étaient défendus par l'avocat général Jacques-Edouard Andrault. Dans son réquisitoire, il avait demandé une peine encore plus lourde _30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 20 ans.
Les jurés et les trois magistrats professionnels ont retiré cinq ans à la peine demandée, avec une période de sûreté de 16 ans, mais ils ont suivi l'avocat général pour le suivi sociojudiciaire (SSJ) de 10 ans et l'injonction de soins. Ils ont fixé à cinq ans l'emprisonnement encouru en cas de non-respect du SSJ et ont constaté l'inscription de l'accusé aux fichiers des délinquants sexuels.
Un accusé qui ne devrait pas sortir de prison avant l'âge de… 80 ans.
Bernard DORDONNE
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