Publié le mercredi 08 août 2007 à 01H00 - Vu 3 fois
Cela fait 20 ans que Gérard*, agent municipal, est conducteur de camions. Désormais, il ne pourra plus exercer son métier.
Jugé mardi, en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne, pour des faits remontant à dimanche, ce Châlonnais de 50 ans n'a plus de permis de conduire et ira deux mois en prison.
Le quinquagénaire s'est vu reproché par le tribunal trois faits : la conduite sous l'emprise d'un état alcoolique (1,26 g d'alcool par litre de sang), un délit de fuite et une rébellion lors de son arrestation.
Depuis 18 mois, l'employé municipal vit une descente aux enfers. Sa femme l'a quitté, ses enfants lui ont tourné le dos. « Dimanche, mon client était seul, comme les week-ends précédents, », commence à défendre Me Legay, l'avocat choisi par le prévenu, « et il avait bu. Il a pris sa voiture pour aller chercher du pain en centre ville, et c'est à ce moment qu'il a croisé une voiture de police. Il n'avait pas sa ceinture, ce que les policiers ont remarqué. Il a pris peur, conscient de ce qu'il risquait. » Gérard admet avoir paniqué à ce moment-là : « J'ai accéléré un peu pour rentrer chez moi. Je savais que j'avais bu. Je ne me suis pas rendu compte de ce que je faisais. »
Une course-poursuite s'est alors engagée entre la voiture de l'employé municipal et les forces de l'ordre, avenue de Sainte-Ménehould.
Phase montante de délinquance
Devant le prévenu, le président Lizet, lui rappelle que c'est un délit de fuite, et qu'il a presque provoqué un accident en refusant une priorité à un stop. Gérard répond : « J'avais largement le temps de passer ». Il nie également le fait d'avoir voulu intimider les policiers : « Je n'ai pas donné de coups de freins pour avoir un accident. J'ai juste tourné pour aller chez moi. »
Une fois dans la rue Anaïs-Segala, Gérard arrête sa voiture et prend la fuite à pied. Les policiers le rattrapent mais ce dernier se rebelle. Mais, cela aussi, il le réfute : « Oh, je les ai tout au plus poussés… ». Quand le juge lui demande, en guise de conclusion s'il n'est pas temps d'assumer, il répond : « Si. Je m'excuse d'avoir fait ça. J'aurais pas dû prendre ma voiture. Je vais aller me faire soigner. »
Les policiers malmenés ne se sont pas constitué partie civile. Frédérique Dalle, la substitute du procureur de la République a requis six mois de prison dont quatre avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve de deux ans, avec mandat de dépôt.
Reconnu coupable des faits, le tribunal a suivi la demande du parquet, excepté la mise sous mandat de dépôt. Cette peine est un avertissement solennel afin que l'agent municipal se reprenne en main. Toutefois, son permis a été suspendu pour une durée de six mois.
Alix Thomas
*Le prénom a été changé.
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