Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Chute au Quick : une frite à 100.000 euros

Publié le mercredi 29 octobre 2008 à 01H00 - Vu 427 fois


1 2
L'avocat de l'Ardennaise, Maître Ludot, a souhaité « un débat serein et un respect de ma cliente ».

L'avocat de l'Ardennaise, Maître Ludot, a souhaité « un débat serein et un respect de ma cliente ».

Christian Lantenois


DIX mois après les faits, Nicole Borgnon ne semble toujours pas remise de la chute qui lui vaut d'être présente hier au tribunal de Reims.
C'est d'ailleurs dans un fauteuil roulant, poussé par sa mère, que cette Ardennaise (Brienne-sur-Aisne) de 38 ans a pénétré dans la salle d'audience.
Renvoyé le 23 septembre dernier, le procès qui l'oppose au restaurant Quick s'est finalement tenu ce 28 octobre.
La vie de cette jeune mère de famille a basculé le 22 décembre dernier lorsqu'elle a pénétré dans le fast-food de La Neuvillette.
« J'allais acheter des hamburgers pour mes 4 enfants, comme je le faisais tous les 15 jours ». Nicole Borgnon explique ensuite avoir glissé sur une frite…
Le bilan est terrible ! Quadruple fracture du genou droit. Deux embolies pulmonaires. Trois séances de kiné hebdomadaires.
« J'ai perdu mon emploi suite à cet accident ». La victime n'hésite pas à confier : « Je n'attends plus d'excuses, aujourd'hui, ils doivent payer. C'est la seule façon de compenser le préjudice subi ».
L'avocat de Mme Borgnon, Maître Ludot a souhaité « un débat serein et un respect de ma cliente ».
Au cœur des débats : une frite accusée d'avoir provoqué la chute. « Il est facile de dire qu'il n'y avait pas de frite », a clamé Emmanuel Ludot.
Il n'a pas hésité à présenter à la cour, la fautive sous la forme d'une photo qui représente une chaussure à petit talon sous laquelle gît ce qui pourrait ressembler à une frite. Résultat des scellés effectués le 28 janvier dernier.
Un plan du restaurant rémois a également été présenté hier. « Les salariés installés derrière leur comptoir n'ont pas pu remarquer l'absence ou non d'une frite à 5 ou 6 mètres », évoquant le témoignage de quatre salariés de l'enseigne rémoise.
Le même plan des lieux repris par Maître Fossier, avocat de Quick.
« Il ne pouvait pas y avoir de frite à cet endroit, les clients ne passant pas par ce circuit », assure-t-il.
Ce dernier a également émis des doutes sur la fameuse chaussure.
« Madame Borgnon serait allée rechercher ses chaussures un mois plus tard… ». Et Maître Ludot de rétorquer : « On ne peut pas en vouloir à ma cliente de ne pas s'être souvenue de ce fait au moment de sa chute et dans la précipitation des événements ».
Emmanuel Ludot s'est déclaré sceptique quant au témoignage des quatre salariés en raison de « la relation de subordination qui existe entre un employé et son patron ».
Dans ce dossier, particulièrement médiatisé, les deux avocats semblent n'être d'accord que sur deux points : il y a bien eu chute et la justice doit déterminer les responsabilités de chacun.
Le conseil de Nicole Borgnon a demandé une provision de 50.000€ et réclamé une expertise médicale afin de chiffrer les dommages et intérêts. « Dans ce dossier, on peut légitimement demander 100.000 euros ». À la sortie de la salle d'audience, Nicole Borgnon s'est déclarée plutôt optimiste quant à l'issue du procès. « Un ami, professeur de droit, m'a assuré qu'on allait gagner ». Réponse le 16 décembre prochain.
Corinne Lange

***
« Du Vichy dans le dossier »

« On a essayé de discréditer ma cliente et sa famille ».
Dans sa plaidoirie d'hier, Maître Emmanuel Ludot n'a pas hésité à évoquer une lettre anonyme reçue à son étude, mettant en doute l'honnêteté de Nicole Borgnon.
« Il y a du Vichy dans ce dossier », n'a pas hésité à dénoncer l'avocat.
L'expéditrice de la missive, y évoquait un commerce tenu dans le département des Ardennes par la famille de la victime dans les années 1990.
« Il s'agissait d'un magasin d'alimentation », a expliqué Maître Ludot avant d'apporter ces explications : « Il se trouve que les propriétaires du commerce en question ont rencontré des difficultés financières, s'opposant au liquidateur judiciaire mandaté à l'époque ».
La lettre est claire. « Maître, votre cliente essaie de soutirer de l'argent à Quick ». Renseignements pris par Maître Ludot auprès du tribunal de commerce de Reims, « il y a eu relaxe dans ce dossier ».
C.L

Imprimer Recommander Wikio digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Les dernières contributions


mamouna

17/02/2010 à 03h10

Bonjour, je voudrais savoir si on pouvait avoir les coordonnées de Maitre Ludot. Merci.

témoin

01/11/2008 à 02h36

Je trouve vraiment MINABLES tous ces commentaires méchants contre cette pauvre femme! Si cela était arrivé à une star, personne ne trouverait drôle qu'une vedette réclame un million d'euros (voire plus) de préjudices . Pourquoi toute cette polémique, cela peut arriver à n'importe qui de faire une chute dans un lieu accueillant du public. Même s'il n'y a pas faute du propriétaire du lieu, celui-ci doit être assuré en responsabilité civile pour tous les incidents survenant dans son établissement. Alors frite ou pas, cette personne a le droit à un dédommagement correspondant à son handicap et quand il s'agit de payer les assureurs ne veulent rien entendre.

fourmi

31/10/2008 à 14h24

Bonjour,

Les arguments juridiques avancés par cet avocat paraissent bien "légers" .....

Il présente au tribunal une frite placée dans un sachet plastique dont lui-même évoque la mauvaise odeur en parlant d'une cuisson dans une huile de mauvaise qualité....

Il présente au tribunal la photo d'une chaussure de la victime, récupérée quelques semaines après le drame , avec sous la semelle une trace de souillure qu'il dit venir de la fameuse "frite"....affirmation péremptoire, mais pas "gratuite"..

Cordialement

Michel

CE COMMENTAIRE A ETE MODERE

vivine

31/10/2008 à 09h56

Inadmissible cette histoire, Madame si vous touchez les 100.000 euros, cette somme serait la bienvenue pour la recherche contre le cancer , greffe etc.... pensez-y !!!

pinklover

30/10/2008 à 16h47

C'est vrai que c'est honteux la réaction de cette femme!! C'est bizarre moi je l'ai croisée, elle marchais en béquille, ça avait l'air d'aller.....Et là elle est venue en fauteuil roulant.

CE COMMENTAIRE A ETE MODERE

papille

30/10/2008 à 16h16

Le préjudice à 100.000 euros.......... voilà une bonne raison pour porter plainte contre tout et n'importe quoi et, maintenant, je comprends mieux pourquoi cette personne maintient sa plainte. C'est sur que comme ça c'est plus facile et moins fatiguant de gagner de l'argent que d'aller travailler..... Mais avant tout Madame si vous aviez regardé où vous mettiez vos pieds vous auriez évité cette pauvre frite qui n'a pas demandé à ce que vous l'écrasiez. J'espère que vous ne gagnerez pas ce procès et dernière chose votre phrase prouve qu'il n'y a que l'argent qui compte : « Un ami, professeur de droit, m'a assuré qu'on allait gagner » j'espère que vous allez gagner le droit de vous rétablir le plus vite possible et que le Tribunal vous condamne pour plainte abusive...........

boge

30/10/2008 à 10h32

Pratique, nous allons tous porter plainte pour avoir croisé une ordure de quelques centimètres et être tombé parce que notre corpulence ne peut pas l'affronter.
Moralité : ne sortons plus.

lafan08

29/10/2008 à 22h24

Quand j'ai entendu parler de cette histoire comme tant d'autres, j'ai souri ....mais quand j ai vu a quel point cette femme était handicapée, là, ça ne m'a plus fait rire du tout !! Mais est-ce réellement de la faute de Quick ou est-ce de la malchance??? Au tribunal de trancher....

carom51

29/10/2008 à 19h44

Je trouve ça honteux !
Cette personne ne mérite même pas d'être autant médiatisée!

CE COMMENTAIRE A ETE MODERE

william

Neuflize

29/10/2008 à 18h40

Se faire du fric à l'Américaine!!!! Redoutable et difficile à concevoir dans notre Pays!!

La rémoise

29/10/2008 à 15h39

J'espère que le tribunal ne va pas donner raison à cette femme. Aurait-elle besoin d'argent pour acheter les jouets de Noël pour ses 3 enfants. Pourquoi venir acheter ses hamburger à Quick Reims alors qu'elle habite dans les Ardennes... Bizarre, Bizarre... Heureusement qu'on fait pas un procès à chaque fois qu'on marche dans une crotte de chien sinon les tribunaux seraient pleins ... Pauvre France !!!!

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952