Chute au fast-food : handicapée à vie

15 contributions

Publié le mercredi 24 septembre 2008

1 2

Neuf mois après sa chute au fast-food de Reims, Nicole Borgnon est toujours handicapée : « Je n’ai plus d’espoir de remarcher un jour, sauf avec des cannes ».

Neuf mois après sa chute au fast-food de Reims, Nicole Borgnon est toujours handicapée : « Je n’ai plus d’espoir de remarcher un jour, sauf avec des cannes ».

FC

Le procès intenté par une cliente contre un fast-food de Reims, qu’elle tient pour responsable de sa chute à cause d’une frite, est prévu le 28 octobre. Gravement blessée au genou, Nicole Borgnon est condamnée à marcher avec des cannes.

L’AFFAIRE de la frite qui vaut au restaurant Quick d’être traîné en justice après la glissade d’une cliente à Reims a été brièvement évoquée hier au tribunal de grande instance, le temps de renvoyer le procès à l’audience du 28 octobre.
L’avocat de la plaignante, Me Emmanuel Ludot, veut obtenir la condamnation civile du fast-food, responsable selon lui d’avoir laissé traîner une frite à l’entrée de l’établissement, accusation contestée par l’avocat adverse, Me Francis Fossier (l’union des 12 janvier, 24 janvier et 7 février).
Le renvoi s’est effectué en l’absence de la plaignante, Nicole Borgnon. Les nouvelles la concernant ne sont pas bonnes. Se déplacer est devenu un calvaire pour elle. « Il n’y a plus d’espoir de remarcher un jour, sauf avec des cannes. Mon genou est complètement abîmé. A 38 ans, avec quatre enfants, c’est dur, très dur » soupire la jeune femme rencontrée il y a quelques jours dans sa maison de Brienne-sur-Aisne (Ardennes).
Sa vie a basculé le 22 décembre 2007 au restaurant Quick de la Neuvillette à Reims. « J’allais acheter des hamburgers pour les enfants. En entrant dans le fast-food, mon talon droit s’est coincé dans le paillasson, puis mon pied gauche a glissé sur une frite. Mon genou a craqué. »
Bilan : quadruple fracture du genou droit. « Le chirurgien m’a dit qu’il n’avait jamais vu ça, que c’était pire que le genou d’un footballeur. »
Nicole Borgnon a été hospitalisée huit jours. En janvier, elle a fait une première embolie pulmonaire, puis une seconde en février.
« La première fois, j’ai failli mourir. Le médecin m’a dit qu’il ne me restait plus deux heures à vivre au moment où j’ai été hospitalisée. »
Les rapports médicaux sont formels : la longue « immobilisation plâtrée » de la malade est à l’origine des embolies. Neuf mois après, son genou lui fait toujours mal et elle continue de suivre chaque séance trois séances de kiné.
Un malheur n’arrivant jamais seul, son mari chauffeur routier a dû cesser de travailler. « Il est en arrêt maladie. Il a fait deux infarctus le 8 avril et à la fin du mois de mai. Mon affaire lui a causé beaucoup de soucis. » Mme Borgnon, elle, venait de trouver un emploi comme aide à domicile en milieu rural. « J’avais commencé en septembre. »
Toute la famille vit sous le même toit à Brienne-sur-Aisne. « Heureusement que mes parents et ma petite sœur sont là pour m’aider. Je ne peux plus rien faire toute seule. Conduire une voiture ou m’asseoir devant, c’est fini. Je suis obligée de me coucher sur la banquette arrière. Mon genou ne peut plus se plier. Je ne peux me déplacer qu’en chaise roulante ou avec mes cannes mais au bout d’une heure, je n’en peux plus. Ce n’est plus une vie. »
Nicole Borgnon espère pouvoir se déplacer à Reims le 28 octobre. « Je n’ai pas envie de baisser les bras. » Autant dire que dans un cas comme dans l’autre, la partie qui va perdre va faire appel.

Fabrice Curlier

***
Qui a vu la frite ?

C'est le point central du dossier : y'avait-il une frite sur le sol du fast-food ? Nicole Borgnon est outrée que l'on mette sa parole en doute. Dans la perspective du procès à venir, les parties auront la possibilité de demander l'audition de tous les témoins car dans cette histoire, il y a ceux qui déclarent avoir vu la frite à l'origine de la glissade, et ceux qui prétendent qu'il n'y avait pas de frite par terre.
« La frite, elle existe ! » clame Me Ludot. « Elle est toujours fichée dans la chaussure de ma cliente, chaussure placée sous scellés chez un huissier de justice de Reims. »
Réponse de Me Fossier, avocat de Quick : « Accident le 22 décembre ! Constat de Me Ludot le 28 janvier. Effectivement, Mme Borgnon présente à l'huissier une chaussure avec quelque chose qui ressemble à une frite dessous, mais il y a un décalage d'un mois. Qu'est-ce qui prouve que cette chaussure est celle qu'elle portait le jour de la chute ou que cette frite provient bien de chez Quick ? Ce constat n'a aucune valeur. »
Entre les deux avocats, il y a de la friture sur la ligne.

Fabrice Curlier
Imprimer Recommander Wikio Facebook twitter digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Les dernières contributions


aarchimede

20/02/2010 à 13h30

Il m'est arrivé la même histoire dans un Quick à Bruxelles la semaine dernière. L'Escalade ! J'ai raté une marche invisible et imprévisible en rentrant dans le Quick et me suis étalée de tout mon long. Conséquence une belle entorse. Le directeur du Quick me rétorqua que la marche était signalisée par trois bandes jaunes, que le nécessaire avait été fait. Le résultat est que des gens tombent toujours, car rien ne laisse supposer une marche à cet endroit, je cherchais les toilettes, je ne regardais pas mes pieds, dans une allée encadrée de tables on ne s'attend pas à une marche vraiment invisible lorsque l'on débouche dans cette allée. Je devais rentrer sur Paris et n'ai pas eu le temps de faire une main courante au commissariat le plus proche. Et puis je ne pouvais plus me déplacer .Mon époux est allé dans une pharmacie pour y acheter une bande et une crème et me l'a mise sur place, dans une laverie. Je suis toujours immobilisée à ce jour. J'en déduis que chez Quick les chutes sont plus rapides que la restauration...........

snoopy7747

04/11/2008 à 17h07

Comment pouvez vous juger et calomnier une personne qui s'est blessée ? Quelle aurait été votre réaction s'il s'agissait de votre mère, votre femme, votre soeur ou votre fille ?
On parle là de douleur, de rapport humain... CE COMMENTAIRE A ÉTÉ MODÉRÉ

vivine

25/09/2008 à 14h36

J'ai glissée la dernière fois sur une crotte de chien et malheureusement je n'ai pas retrouvé le propriétaire... ils y en a tellement sur les trottoirs.....

papille

25/09/2008 à 14h10

MDR de lire tous ces commentaires mais c'est dire que vous avez tous entièrement raison. Heureusement que la frite n'est plus de ce monde, sinon elle serait en prison.............. Il y a aussi une autre méthode pour gagner de l'argent ça s'appelle "TRAVAILLER"

La rémoise

25/09/2008 à 10h44

Et encore quelqu'un qui veut de l'argent facile, alors le seul moyen pour elle c'est de s'attaquer à Quick. Au lieu d'aller bouffer de la m*** elle aurait mieux fait de se faire une bon bourguignon, et là elle n'aurait pas glisser sur une frite. Heureusement pour nous qu'elle n'a pas glissé sur une merde de chien dans la rue, sinon elle aurait mis tous les toutous de reims au tribunal, bien sûr avec recherche d'ADN sur la merde de chien. Pauvre France, où va-t-on...
CE COMMENTAIRE A ÉTÉ MODÉRÉ

laurina

25/09/2008 à 09h40

Bonjour, je trouve ça stupide cette histoire. Moi; ma fille a été opérée et son opération a loupé et elle a des béquilles pendant 14 mois, elle est couchée, plein de souffrances... Je peux le dire car j'étais là et puis en fauteuil 4 mois c'est pas pour ça que l'on a porté plainte. Si tout le monde fait ça, la justice aura des tonnes de dossiers à traiter. Moi, ma fille souffre encore et supporte tout ce qu'on lui fait, alors arrêtez tout ça, la vie continue merci

boge

25/09/2008 à 08h22

Tu prends ton courage à deux pieds et tu fais de la rééducation !!!!
Moi j'ai subi un accident de voiture j'étais enceinte et j'ai 2 handicapés maintenant sans rien demander alors toi t'es pas gonflée!!!
Quelle honte !

Wileminas

24/09/2008 à 22h44

Je ne vois pas le rapport entre être en sécurité et l'histoire de cette dame!
Elle n'a pas été agressée par cette frite! Juridiquement je ne comprendrais pas la décision du juge s'il donnait raison à cette personne. Le fast food n'a pas une obligation de résultat quand a la propreté du resto, et si elle avait glissé sur un sol mouillé? On aurait accusé le resto d'être trop propre?
Assurance ou pas, le resto n'est en rien responsable de la chute de cette dame.

trucmuch

24/09/2008 à 20h49

Chers parents, à défaut de m'avoir conçu avec le physique d'Alain DELON et une zigounette type ROCCO, j'ai le regret de déposer plainte pour préjudice moral. Dura lex sed lex.

kokokool

24/09/2008 à 19h53

N'importe quoi!!!! Et moi qui suis très gravement malade du dos, on me refuse de reconnaitre le handicap,, elle n'a qu'a faire ses frites chez elle.

tam

24/09/2008 à 16h53

Mais c'est vraiment n'importe quoi!!! Certaines personnes sont vraiment prêtes à se ridiculiser pour grapillier quelques sous!!
Qui n'a jamais vue une fritte par terre dans un fast food? Sii on va dans se sens, il faudrait aussi porter plainte contre le vendeur de chaussures qui a fait des chaussure ne résistant pas à " l'attaque d'une fritte " ou même porter plainte contre ses parents pour ne pas lui avoir fait un genoux plus robuste!! tant qu'à faire, n'oublions pas de porter plainte contre moi, pour préjudice moral!!
Non mais... C'est vraiment du n'importe quoi. J'espère que le fast food en question, portera plainte contre cette femme si elle continue de faire des histoires pour une fritte qui n'existe peut-être pas, c'était de la faute à " pas de chance ", mais certaines personnes sont vraiment prêtes à tout pour se remplir les poches ... HONTEUX!!!

melol

24/09/2008 à 16h12

Moi je trouve ça d*** de se plaindre, moi ça fait un an que je pose plus mon pied à cause d'une opération loupée et je ne vais pas porte plainte mais je ne comprends pas les gens comme ça.

marseillais-ex-...

24/09/2008 à 15h12

Ah la la, tous les moyens sont bons pour gagner quelques €uro...
Arrêtons de faire comme ces Américains qui portent plainte pour rien.
D'accord, la souffrance endurée (physique et psycho) n'est pas rien, soit.
Mais de là porter plainte pour une frite au sol !, on va où là ?
Ça aurait été pareil si elle avait glissé sur une déjection canine en centre ville ? plainte contre les services municipaux pour ne pas avoir nettoyer à temps?
On ne peut mettre une personne derrière chaque individu pour ramasser ce qu'il fait tomber.
On va où là?
Maintenant, on va me répondre "et si c'était vous qui aurait eu cet accident ?", je répondrai que ça m'est arrivé, pas du même genre, mais grave aussi et de courte durée.
27/10/1997, fauché par un camion qui venait de derrière, j'étais piéton et marchais tout de noir vêtu, en pleine nuit, dans le sens de la circulation (cf L'union du 28/10/1997), je suis arrivé à l'hôpital en piteux état, dans le coma.
J'y suis resté un mois (a l'hôpital, mais 48h de coma).J'ai quelques séquelles, une cicatrice de 30cm sur l'abdomen (ablation de la rate, poumon gauche perforé dû aux cotes cassées, ...), insomnies, troubles de la concentration, de la mémoire, ..., mais en bonne forme physique malgré tout.
Je n'ai pas porté plainte, je me sentais (et me sent toujours) fautif, j'aurais dû marcher dans l'autre sens.
Et bien dans ce cas, c'est pareil, nous sommes responsables de regarder où l'on met les pieds.
Voila ce que j'en pense, tellement ça me sidère, je tenais a m'exprimer.
Chose faite, bien le bonjour.
Autre chose, j'espère que Quick sera condamné à verser 1€ symbolique à la victime.

Wileminas

24/09/2008 à 14h12

L'histoire de cette dame est bien triste et sa détresse réelle pourtant je ne trouve pas son action justifiée.
Une frite qui traîne dans un fast food quoi de plus normal? Les employés ne peuvent pas être derrière chaque clients! Et la fameuse frite venait peut-être juste de tomber. Un peu de bon sens pour ne pas tomber dans une société à l'américaine où on fait des procès à tort et à travers!

rémoise

24/09/2008 à 12h53

Frite ou pas frite, l'accident est arrivé dans un lieu accueillant du public, sans être juriste, il me semble bien que ce fast-food est civilement responsable des accidents survenant dans ses locaux. Les établissements doivent donc être assurés pour cela? Ou je me fais des illusions lorsque je crois que l'on est en droit d'être en sécurité lorsque l'on fréquente un endroit public.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr