Publié le samedi 14 novembre 2009 à 01H00 - Vu 172 fois
La gare routière est quotidiennement le lieu d'affrontements entre jeunes, comme hier soir.
Jean-Marie CHAMPAGNE
POUR ceux qui continuent à se voiler la face, en faisant mine que rien - ou presque - ne se passe à Chauny sur le dossier des tensions racistes, les faits de jeudi soir à la gare routière disent le contraire. Une jeune femme de 18 ans, de tendance nationaliste, a été agressée par quatre individus.
Certains disent que l'agression s'est produite avec une matraque, en fait ce sont des violences « à mains nues » qui se sont déroulées. C'est une nouvelle fois à l'heure de la sortie des cours que les choses se sont envenimées. Visiblement en l'absence des forces de gendarmerie, les jeunes en ont profité. Les téléphones portables ont permis de rameuter ceux qui, en présence de militaires, se font discrets. Très vite, deux groupes se sont fait face avec d'un côté les nationalistes et de l'autre leurs opposants dont des Maghrébins. Les insultes et autres provocations ont fusé de part et d'autre. Pour la victime, y a-t-il eu le mot de trop ? Peut-être, toujours est-il qu'au moment où elle se trouvait à proximité d'un véhicule, quatre hommes en sont descendus avec l'intention de lui faire payer ce qu'elle venait de leur dire.
L'un d'entre eux a même sorti une matraque qu'il savait caché au bon endroit avant de se lancer sur sa « proie ». Violemment jetée à terre, elle a pris des coups. Contusionnée, elle s'en est sortie avec des bleus. Dès hier, elle s'est rendue en gendarmerie afin de s'expliquer sur les circonstances exactes de l'agression, et sur ce qui aurait pu mettre le feu aux poudres. Entendue durant plusieurs heures, elle a en outre déposé plainte. À la suite de sa visite à la brigade elle s'est rapidement rendue place Bouzier, non loin de la gare routière, pour rejoindre ses camarades et éventuellement se mesurer au camp d'en face (lire par ailleurs). L'agression de jeudi s'est déroulée car les forces de l'ordre n'étaient pas déployées en masse. Le problème c'est qu'il est impossible de mobiliser une trentaine d'hommes chaque soir, simplement parce que des jeunes veulent en découdre. Cette agression risque de « victimiser » un peu plus les jeunes de « l'ultra-droite » alors qu'au final les torts semblent partagés. Le problème s'avère particulièrement délicat autant pour les autorités que pour les élus. Et au vu des événements, de l'ambiance particulièrement tendue qui règne quotidiennement à la gare routière, les mesures annoncées par la préfecture semblent bien dérisoires. La solution est ailleurs, mais où ? Une question à laquelle il va falloir répondre rapidement avant que la situation ne dégénère définitivement.
Samuel PARGNEAUX
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