Publié le samedi 07 novembre 2009 - Vu 52 fois
Hier, ce sont quarante gendarmes venus de toute la compagnie de Laon qui étaient à Chauny.
Samuel PARGNEAUX
DES « texto » échangés sur les téléphones portables des lycéens de Gay-Lussac depuis jeudi, jour de la rentrée pouvaient faire craindre le pire. En quelques mots, il s'agissait de fixer un rendez-vous hier soir, place Bouzier, pour une bataille rangée entre jeunes dits nationalistes et leurs opposants maghrébins ou non.
La nouvelle a rapidement dépassé les murs du lycée et chacun s'atendait au même scénario qu'il y a dix jours (l'union du 24 octobre). Pour palier tout débordement, les gendarmes ont mis sur pied de gros moyens en lien avec les services de la mairie. Le lieutenant colonel Bruno Louvet commandant des gendarmes du département était même de la partie. Il faut dire que le phénomène est difficilement contrôlable.
Un groupe ciblé
Dès 17 heures, une dizaine d'hommes se sont déployés aux abords du lycée histoire de dissuader tout regroupement. Ce n'est que vers 17 h 20 que les choses ont commencé à chauffer un peu. Un groupe d'une trentaine d'individus, crâne rasé pour certains, vêtus de treillis militaire et rangers, se sont approchés de l'établissement scolaire. Présents peu de temps avant, place Saint-Momble, à bonne distance des forces de gendarmerie, ils ont traversé le centre ville en chantant la Marseillaise.
Quelques minutes avant la sortie de tous les lycéens prévue à 17 h 30, la tension était à son comble et chacun se demandait ce qui pouvait bien arriver. Les quarante gendarmes venus des communautés de brigades de Chauny, Laon, Coucy et Sissonne étaient en alerte. C'est avec le flot de jeunes se rendant à la gare routière, que le groupe ciblé est arrivé place Bouzier. Rapidement ils ont été tenus en respect par les militaires, le temps que les bus absorbent tous les adolescents.
Un peu plus chaque fois
Pas de casse… pour cette fois. Les forces de l'ordre avec les effectifs de la police municipale et une équipe cynophile de Saint-Quentin ont montré qu'elles étaient présentes, mais il ne sera pas possible de mobiliser autant d'effectifs à chaque fois. Plus de doute, la tension est bel est bien là, elle monte un peu plus à chaque fois jusqu'au jour où… Et nous ne sommes que deux mois après la rentrée des classes ! Les autorités qui l'année passée se voilaient un peu la face en notant réguliérement qu'il n'y avait pas de problèmes communautaires, ont aujourd'hui bien compris le malaise. Ainsi au sein de la gendarmerie une équipe spécifique s'occuperait principalement des relations entre les membres de ces groupes. De plus, le dossier fait désormais parler sous les ors de la République. Les plus hautes instances de l'Etat s'intéressent de près à la situation qu'elles jugent explosive.
Des mesures vont-elles être prises dans les prochaines semaines ? Mystère. Pour l'adjoint à la sécurité Jean-Pierre Cazé, présent hier soir, la situation ne peut pas durer. Pour lui comme pour les autres responsables, il faut que cela cesse, mais y-a-t-il vraiment une solution ?
Samuel PARGNEAUX
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