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Château-Thierry / Assises Accusé d'un troisième viol

Publié le mercredi 17 mars 2010 à 12H00 - Vu 91 fois


Avant ces faits commis à Château-Thierry, Isabelle Pagenelle, avocate générale, comptabilise deux autres viols dans le Nord et la Marne en mai et juin 1990.

Avant ces faits commis à Château-Thierry, Isabelle Pagenelle, avocate générale, comptabilise deux autres viols dans le Nord et la Marne en mai et juin 1990.


AU centre pénitentière de Laon, c'est un détenu modèle âgé de 57 ans. Il est l'un de ceux qui ont essuyé les plâtres de l'établissement lors de son ouverture et en connaît le moindre recoin. Il en ferait presque volontiers le tour du propriétaire.
« Ma cellule, c'est mon semblant d'appartement », explique Gino Ooghe. Il y vit seul à l'écart. « Les autres détenus veulent faire justice eux-mêmes », précise-t-il. C'est vrai que l'accusation de viols engendre parfois chez eux des tentatives d'expédition punitive.
Chaque mois, il reçoit une injection qui le rend doux comme un agneau. À l'extérieur, il ne dispose d'aucun repère. Comment pourrait-il en être autrement ? Il a passé plus de quarante-sept ans derrière les barreaux ou en unités pour malades difficiles.
Une vie habitée par le souvenir des cadavres de pensionnaires qui se suicident et puis par des traitements imposés. « J'étais un cobaye. Je me prêtais au jeu sans trop savoir avec quoi je jouais. »
Un meurtre et deux viols précédents
L'accusé semble toujours très perturbé. Avec son large front, ses yeux sombres et froids fichés au fond des orbites, sa peau très pâle, sa voix presque étouffée dans un filet rauque, il ne rassure personne. D'autant plus qu'un simple aperçu de quelques épisodes de sa vie provoque le plus profond effroi. En 1976, il inflige des coups de couteau à un homme qui perd la vie à Compiègne. Il est déclaré irresponsable et s'insurge encore contre cette décision qualifiée de « truandage ».
« J'aurais dû être condamné ». La prison, pour lui, c'est le signe valorisant qu'il est un homme comme les autres. L'hôpital psychiatrique, le reflet qu'il refuse, celui d'une dangereuse différence. La cour d'assises de la Marne l'a déjà condamné en mars 1994 pour viols sur deux victimes à dix-huit ans de réclusion criminelle. Quel sort réserver à cet homme accusé de faits identiques une troisième fois le 14 mars 2007 à Château-Thierry ? En tous les cas, la surveillance de ce genre de malfaiteur laisse à désirer. Il faut le témoignage de la victime, âgée aujourd'hui de 24 ans, une voisine, pour que les policiers découvrent finalement la présence d'un délinquant sexuel dans le secteur.
Quand il raconte la scène qui pourrait lui valoir une peine de perpétuité, Gino Ooghe adopte un certain détachement. Il ne reconnaît plus l'usage d'un couteau pour parvenir à ses fins. « Je l'ai invitée à prendre un café. Je lui ai proposé de faire l'amour. Elle n'a pas voulu. Elle m'aguichait. Je croyais que c'était dans la poche. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. J'étais au paradis. J'étais amoureux de toutes les femmes.
Tout ce qui m'avait manqué pendant des années m'a submergé. Cela a dégénéré dans ma tête. » Selon lui, il n'est pas responsable. « Elle est provocatrice. Elle allume, dit « oui » et « non » après. »
Des phrases qui cadrent mal avec une jeune mère apeurée et fragile, qui va raconter son calvaire aujourd'hui.
Thierry de LESTANG PARADE

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