Publié le vendredi 16 juillet 2010 à 09H43 - Vu 459 fois
Didier Herbillon, le jour du sinistre, aux côtés de Francis Mansu.
SEDAN (Ardennes). Après la sécurisation du site, le château fait l'objet d'un état des lieux. Avant de chiffrer le coût des dégâts, la priorité est de vite rouvrir aux visiteurs.
«CE fut un choc de voir le symbole de sa ville dans cet état. Ça fait d'autant plus mal que je travaille depuis 15 ans pour cet ouvrage d'art. Mais au-delà de ce phénomène inopiné, il faut vite retrousser ses manches, bosser pour effacer le traumatisme et permettre au château de retrouver une activité normale ».
Abattu sur le coup, Didier Herbillon avait retrouvé tous ses esprits, hier, après avoir pris les premières mesures importantes avant d'accueillir le président du conseil général et le préfet.
Sur les lieux de la mini-tornade ayant dévasté, la veille, 250 m2 de toiture du château-fort, c'était le branle-bas de combat. « On a d'abord décidé de bâcher plus efficacement le trou béant laissé par l'orage. Puis, on a fait un état des lieux général avec les experts qui évalueront le coût des dégâts. Je ne peux encore vous donner un chiffre précis des dommages mais il ne fait aucun doute que le million d'euros sera atteint voire dépassé. C'est quasiment sûr » ajoute le maire de Sedan.
En tout cas, tout a été fait pour permettre au premier point d'intérêt touristique du département (68.000 visiteurs en 2009), géré par la société d'économie mixte « Château et compagnies » et dirigé par Jérôme Dablin, de pouvoir accueillir normalement les visiteurs en plein cœur de l'été.
Rétablir au plus vite les visites
Béatrice Obara, sous-préfet de Sedan, témoigne des efforts prodigués. « Dès mercredi, on a pu constater que les dégâts étaient extrêmement conséquents. Notre première priorité a été de sécuriser le site. Aujourd'hui, nous avons un double objectif : primo, effectuer les travaux de mise hors d'eau et sauvegarder le deuxième versant de la toiture. Secundo, vérifier qu'il n'y a pas d'autres zones de danger sur le circuit habituellement emprunté par les touristes ».
Sur place, aussitôt passé le gros coup de vent à l'origine de cette scène d'apocalypse, les pompiers se sont attelés à enlever tout ce qui menaçait de s'envoler et d'empêcher les éventuelles infiltrations d'eau. Alors que, dans le même temps, les services municipaux faisaient le nécessaire pour baliser la zone accessible, mettre à l'abri et faire l'inventaire des œuvres exposées au musée. Certains tableaux et objets ont été détériorés.
L'après-midi, les services de la Direction régionale des affaires culturelles et Hélène Corset, Architecte des Bâtiments de France, ont fait le point lors d'une cellule de crise avant de donner leurs premières préconisations quant à l'engagement des futurs travaux de restauration.
« On est tous mobilisés à côté de la Ville pour prendre toute la mesure du problème et les dispositions les plus adéquates » concluait la représentante de l'Etat.
Vice-président de la société d'histoire, Jean-Jacques Dromby a été particulièrement attentif aux effets de cet exceptionnel phénomène météorologique. « On ne va pas prendre le deuil mais le château n'avait encore jamais fait l'objet d'une pareille catastrophe. La dernière rénovation importante des toitures remontait à 1969, époque où la ville était devenue propriétaire du château fort qui appartenait alors à l'armée ».
Ce matin, la ville va vider les greniers avant d'entreprendre via une société spécialisée un bâchage plus solide. Le vrai chantier de restauration débutera probablement au printemps après que l'architecte des Monuments Historiques ait estimé le coût global des travaux. Une solution provisoire est déjà envisagée pour passer l'hiver.
Pascal REMY
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