Publié le samedi 13 juin 2009
Militants et sympathisants de la Cimade ont symboliquement déposé, au centre de l'immense salle des pas perdus, les bagages de la famille T.
philippe mellet
Arlette Sauvage et d'autres militants et sympathisants de la Cimade (Service œcuménique d'entraide, qui se consacre à l'accompagnement des étrangers migrants, en voie d'expulsion, demandeurs d'asile ou réfugiés) ont fait irruption, hier, en début d'après-midi dans le hall de la DDASS des Ardennes. Et ils ont symboliquement déposé, au centre de l'immense salle des pas perdus, les bagages de la famille T, jusqu'alors hébergée dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada), puis dans un hôtel du chef-lieu.
Or, hier, les autorités avaient fait savoir qu'elles mettaient un terme à cet hébergement.
Quelques minutes ont suffi avant que la DDASS n'indique à Arlette Sauvage et aux époux T., accompagnés de leurs deux enfants âgés de 2 ans, que l'hébergement était prolongé jusqu'à la semaine prochaine, avant un relogement plus pérenne.
Cela, bien sûr, dans l'attente d'un nouvel examen du dossier de la famille par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA).
La famille T. a fui la Mongolie intérieure (province de la république chinoise) fin 2006, soupçonnée d'appartenir au Parti du peuple mongol, qui réclame l'autonomie, et dont les adhérents et sympathisants font l'objet d'une répression sans merci par le régime de Pékin.
« Les parents et frères de Monsieur T. ont été assassinés », a expliqué Arlette Sauvage : « Tout retour en Chine de cette famille serait synonyme de condamnation à mort. Mais, hélas, malgré moult procédures, leur statut de réfugié politique n'a été admis ni par l'OFPRA ni par la CNDA. Nous avons initié une nouvelle procédure auprès la commission car nous avons des éléments nouveaux : des photos prises clandestinement en Chine par un militant des droits de l'homme au péril de sa vie montrant des avis de recherche des époux T… »
Avant les Ardennes, la famille a séjourné en Maine-et-Loire.
« Malgré la politique du chiffre des autorités françaises, nous espérons que cet ultime recours sera positif », a conclu, rassurée pour un temps, Arlette Sauvage.
Philippe MELLET








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