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CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE / Enquête pour détournement de fonds publics L'artisan de la gabegie payé sur

Publié le samedi 27 mars 2010 à 11H00 - Vu 337 fois


De 1999 à 2002, la CRM a détourné les fonds Aria pour un montant de 382 000 euros au lieu de les restituer à la Région.

De 1999 à 2002, la CRM a détourné les fonds Aria pour un montant de 382 000 euros au lieu de les restituer à la Région.


LE dérapage, fondateur de la gabegie à la chambre régionale des métiers de Champagne-Ardenne (CRM) via le dispositif d'Aide régionale aux investissements artisanaux (Aria), débute en 1994 alors que la CRM préside déjà à la destinée des fonds prêtés par la Région. Le système consiste à jouer la montre pour retarder la restitution des sommes prêtées sans intérêt par la Région aux artisans soucieux d'investir dans leur outil de travail.
Fonds de roulement
C'est ainsi que la CRM se constitue une trésorerie alimentée en permanence par le jeu des flux croisés des versements et des reversements des fonds Aria. Elle tire profit de cette manne providentielle en plaçant l'argent sous forme de valeurs mobilières de placement. A l'époque, les taux d'intérêt pratiqués sur le marché sont tels que la CRM empoche de confortables revenus financiers utilisés pour justement rémunérer l'employée en charge des fonds Aria.
Ce fonds de roulement permanent d'environ 150 000 euros dort donc indûment sur les comptes de la CRM. Jérôme Ducuing et son adjoint Jean Deglaire, directeurs en charge du développement économique à la Région, n'y auraient vu que du feu. A ceux qui parlent de « consensus » ou « d'accord tacite », les deux hommes rétorquent qu'il n'existe aucune convention allant dans ce sens, ni « instruction ou demande particulière de la part de leur hiérarchie pour masquer la situation et ralentir la mis en œuvre de procédures de recouvrement ». Il n'empêche que leur service n'a pas joué son rôle de garde-fou en s'assurant du suivi du dossier Aria. Un manquement que Jérôme Ducuing qualifie de « carence structurelle » par insuffisance de contrôle.
Recrutement massif
Côté CRM, les intérêts produits permettent de rémunérer l'unique employée chargée de la gestion des fonds en question, avec la bénédiction de son président, Jacky Hale. Pour autant, cette entorse à la gestion de bon père de famille ne fait pas courir de risques majeurs à la CRM. Car l'argent est là et bien gardé. Du moins tant que Claude Dauphin est aux manettes à la CRM en sa qualité de secrétaire général. En réalité, tout bascule après le 1er février 1999, date à laquelle Jacky Hale recrute un nouveau secrétaire général en la personne de Ludovic Julien. Le président de la CRM reproche en effet à Claude Dauphin de « vouloir faire des économies à outrance ».
Avec Ludovic Julien, la CRM prend un virage à 180 degrés. Au diable l'avarice ! Le sémillant secrétaire général s'évertue à étoffer son service, multipliant sans compter les créations de poste.
Sous l'ère « Julien », l'effectif passe de trois à douze agents. A cette masse salariale supplémentaire s'ajoutent tout naturellement des frais de fonctionnement sous la forme de véhicules et de téléphones portables par exemple.
« Fonds dilapidés à son profit »
Au fil des mois, la dette de la CRM à l'égard de la Région se creuse. Car Ludovic Julien puise dans les fonds Aria. L'arrivée de Michel Bressy à la présidence de la CRM n' y change rien. Face aux policiers, celui-ci plaide l'ignorance. C'est pourtant sous sa mandature que Ludovic Julien jette une bonne part de l'argent par les fenêtres. Par les fenêtres mais aussi dans sa poche.
Car le secrétaire général bénéficie d'augmentations de salaire hors normes sous les mandatures de Jacky Hale ou de Michel Bressy (voir par ailleurs). L'une d'elle porte la signature de ce dernier alors qu'elle n'apparaît pas dans le compte rendu de la réunion de bureau.
Début 2001, la CRM n'est plus en mesure de reverser un centime d'euros à la Région. Il en ira ainsi jusqu'à ce que le pot aux roses soit découvert à la fin de l'année suivante. En mars 2004, un protocole d'accord signé entre la Région et la CRM établit que la facture s'élève à 382 895 euros. Si l'enquête judiciaire conclut à la responsabilité pénale des présidents, du trésorier, et des deux directeurs de la Région, il reste que Ludovic Julien, son secrétaire général de 1999 à 2002, apparaît comme le seul bénéficiaire des malversations. « Sous son autorité les fonds ont été dilapidés à son profit ou au profit de tiers notamment dans des recrutements de personnels », estime le magistrat instructeur.

Eric LAINÉ
elaine@journal-lunion.fr

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Filochard51

Autour d'Epernay

27/03/2010 à 21h52

C'est tellement facile de se servir, pourquoi s'en priver.

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