Publié le samedi 04 juillet 2009 à 01H00 - Vu 26 fois
L'un des SMS reçus par l'occupant de la caravane la veille de l'incendie. L'expéditeur, adjoint de sécurité au commissariat de Reims, avait une dent contre lui après un apéro avec sa femme.
Christian LANTENOIS
« VIENS tout de suite on va régler ça, sale vieux mort.» Gilles Rassel a reçu une quinzaine de SMS du même tonneau dans la journée de mardi.
L'expéditeur ? L'un des trois policiers venus incendier sa caravane le lendemain matin à Nogent-l'Abbesse, petite commune viticole implantée sur les flancs du mont de Berru (l'union d'hier).
Le co-auteur des dégradations est - ou plutôt était - adjoint de sécurité au commissariat de Reims (jeune sous contrat). Il est voisin avec la famille de la victime. Tous les deux s'entendaient bien, jusqu'en début de semaine.
Un « cow-boy » dans le vignoble
Les raisons de la colère ? Ridicule et pitoyable ! Comme l'expédition du trio. Gilles Rassel en révèle l'origine.
« Lundi soir, je suis allé boire l'apéro chez la femme d'Alain (ndlr : l'adjoint de sécurité) avec un copain. Lui était absent car il travaillait au commissariat. Au moment de partir, j'ai demandé à mon ami de s'en aller aussi car ça ne se fait pas de rester seul chez la femme d'un copain quand il n'est pas là. Il n'a pas voulu. Une dispute a éclaté. Je lui ai mis une gifle et j'ai écarté de la main la femme d'Alain. Elle m'a dit que j'étais chez elle et que ce n'était pas à moi de décider. »
Les deux hommes sont repartis et l'affaire aurait pu en rester là. Sauf que mardi matin, de retour à Nogent-l'Abbesse, le policier a contacté Gilles Rassel sur son portable pour lui demander des explications.
« Il me reprochait d'avoir frappé sa femme. Il m'a dit que je n'avais pas à me mêler de ça : « Qu'est-ce que tu vas imaginer avec elle ? » Je lui ai répondu que j'étais dans la caravane et qu'il n'avait qu'à venir me voir. Il ne l'a pas fait. Pendant toute la journée, il m'a envoyé une quinzaine de menaces par SMS. »
La sœur de M.Rassel a eu l'occasion de le croiser. « Il m'a dit : « Alors, ton frère ne vient pas ? Il a la trouille, il a pas de couilles. » Il faisait le cow-boy. Il montrait comment il faisait pour menotter les gens. »
Poings chauffés avant la bagarre
Mercredi matin, vers 9 heures, Gilles Rassel se trouvait aux Assedic à Reims lorsque sa sœur l'a prévenu que l'adjoint de sécurité venait d'arriver avec deux collègues du commissariat (tous les trois n'étaient plus en service). « Elle m'a dit qu'ils étaient bourrés, qu'ils cherchaient après moi. Je lui ai demandé de les surveiller et de faire attention à ma caravane. »
Il a vu juste car quelque temps plus tard, les trois hommes y mettaient le feu sans savoir qu'ils étaient observés de loin par sa sœur.
Savaient-ils qu'il était absent ? « Je ne crois pas. Je suis convaincu qu'ils sont venus à la caravane avec l'intention première de me tomber dessus. Je pense qu'ils ont eu l'idée de l'incendier après avoir constaté que je n'étais pas là. »
Sa sœur est du même avis après les avoir vus partir à pied vers la caravane. « Ils marchaient en se frottant les poings, en tapant dans la main, comme s'ils se préparaient à la bagarre. »
Fabrice CURLIER
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