Publié le samedi 30 janvier 2010 - Vu 27 fois
La condamnation de l'auteur du coup de couteau, jeudi, n'a qu'à moitié apaisé les tensions
Assailly Julien
UN ramasseur des encombrants s'apprête à remonter dans son camion. « Enculé ! ». L'insulte vole d'une fenêtre du troisième étage de la résidence Alsace. « Je reviendrais un matin à six heures. Au moins, à cette heure-là, ils dorment ! » soupire l'employé.
Les garçons provocateurs n'ont pas l'air de « caïds », seulement d'avoir forcé sur la bouteille… Bienvenue dans la « cité » rue Jean-Moulin à Braine. Un ensemble de trois immeubles avec des logements collectifs, dans la campagne soissonnaise. Pas de quoi faire les gros bras…
Le quartier a, cependant, fait parler de lui très récemment, avec un autre groupe de jeunes. Un règlement de comptes a failli mal tourner (l'union d'hier), samedi dernier. Âgé d'une vingtaine d'années, Mickaël (*) a eu la gorge tranchée à l'arme blanche. La profonde blessure, suturée à l'aide de vingt-cinq agrafes, s'étend de l'oreille à la gorge.
Prêts à en découdre
L'auteur, Stéphane Dupré, un Fismois de 29 ans, a été condamné, jeudi, à quatre ans de prison (dont trois ferme). Raison invoquée par le condamné : les insultes répétées à sa mère, femme de ménage dans l'immeuble. Injures qui l'ont poussé, avec son père et d'autres membres du cercle familial, à mener « l'expédition punitive » du week-end dernier.
Au tribunal, le procureur insistait sur la nécessité d'éviter le « match retour ». « Nous n'irons pas leur chercher des ennuis à leur domicile », lâche Mickaël, entouré de plusieurs amis du quartier. « En revanche, s'ils débarquent à Braine, ils seront reçus ». Bref, la blessure n'est pas totalement refermée.
Les tensions entre les jeunes Braisnois et la famille de l'auteur ne datent pas d'hier. Un « pote » de Mickaël, nous affirme avoir déjà reçu un coup de poinçon de la part du père de Stéphane Dupré. « Je n'ai pas déposé plainte pour cela, ça se règle entre hommes », se flatte-t-il.
Après les événements, l'envie d'en découdre est tout de même palpable. Qu'en est-il en temps normal ? Un pompier du secteur se veut rassurant : « C'est un quartier relativement calme habituellement. Oui, il y a eu un feu de poubelle récemment. Mais c'est sûrement le seul que nous ayons fait dans la commune dans l'année ! » Une voisine énumère quelques incivilités, mais semble loin d'être traumatisée. « Ça se limite à quelques appartements. Là, ils sont toujours en chouille. Que l'on bosse le lendemain ou pas… »
Julien ASSAILLY
(*) prénom d'emprunt.
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