Publié le vendredi 10 février 2012 à 12H00 - Vu 664 fois
Pour vendre leur bois, des particuliers passent par le bouche à oreille, par leurs réseaux, ou les petites annonces.
Difficile de trouver un professionnel de vente de bois de chauffage dans le Soissonnais. Dans cette filière réputée écolo, ici, c'est le royaume du marché noir.
TROUVER un professionnel qui vend du bois de chauffage dans le Soissonnais, c'est comme trouver une aiguille dans un stère de bois. Ça se trouve, mais il faut chercher. Il suffit d'interroger les pages jaunes pour se rendre compte que la mission n'est pas impossible dans le Laonnois, en Thiérache ou dans le Chaunois. Mais dans le Soissonnais… ils sont aussi nombreux que les arbres dans les champs ! N'a-t-on pas de cheminée dans cette contrée ? Si ! Mais alors ?
Quelques paysagistes proposent des mètres cubes, mais l'activité est marginale. Après plusieurs coups de fil passés chez des professionnels de la filière bois ou du chauffage, l'arbre qui cache la forêt tombe : dans l'arrondissement, on marche au « black », de particulier à particulier, par petites annonces sur des sites dédiés sur Internet ou via les journaux payants ou gratuits. Là il y a de quoi faire. Ça bûche.
« Beaucoup de commandes »
Le bouche à oreille et les filières de sous-bois fournissent le gros du réseau, parallèle. Ici un particulier qui coupe, après autorisation de l'Office national des forêts, dans le massif de Retz par exemple. Là un autre qui a son petit-bois personnel et qui le revend sur le Net.
Le marché noir du bois de chauffage, « on se bat contre ça », explique-t-on du côté de Crépy-en-Valois, chez ONF Lhermitte bois bûche Picardie. Ce professionnel travaille dans le bois depuis 40 ans et avec l'Office national des forêts depuis trois ans. Installé à la frontière des départements de l'Aisne et de l'Oise, il a beau livrer son bois certifié dans un périmètre de 60 kilomètres autour de Crépy-en-Valois, « même jusqu'à Soissons », il travaille « assez peu dans l'Aisne ».Cette jeune filiale assure pourtant un bois de qualité « 100 % PEFC ». Une certification qui atteste de l'engagement du propriétaire forestier et de l'entreprise à mettre en œuvre des pratiques de gestion forestière durable.
Avec les rigueurs de l'hiver ces dernières semaines et les températures qui sont tombées plus vite que les feuilles, « nous avons beaucoup de commandes », poursuit-on chez ONF Lhermitte. « Les gens ont attendu le dernier moment en pensant tenir avec le stock qui leur restait jusqu'à la saison prochaine. » Souvent, l'insert, la cheminée ou le poêle sert de chauffage d'appoint et l'idée est d'alléger la consommation électrique.
Dans la précipitation, gare à l'arnaque ! Le consommateur peut avisé et pressé pourrait se faire refourguer un gros stock de bois vert. Des bûches qui pourront être utilisées… dans 18 mois ou deux ans. Avant, c'est déconseillé. Certains assureurs préviennent d'ailleurs leurs clients via des plaquettes : « Pas de bois verts ni de résineux (sapins, épicéas), qui dégagent des fumées, encrassent le conduit et favorisent donc le risque d'incendie, mais également le risque d'intoxication et d'asphyxie. » Il serait dommage en voulant faire des économies de se retrouver sans maison.
Ludivine BLEUZÉ
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