Publié le dimanche 31 octobre 2010 à 12H00 - Vu 281 fois
Bruno Ballery s'insurge contre la décision de la commission de la MDPH qui annonce dans la notification de décision :
«NOUS voulons lui donner toutes les chances de réussir », confie Bruno Ballery. Quel parent n'aurait pas le même souhait pour la chair de sa chair. La Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Maison des personnes handicapées (MDPH), lui a pourtant refusé en septembre dernier sans justification, sa demande légitime d'accompagnement de son enfant.
L'enfant en question : c'est Tatiana ! Une fillette pleine de vie de 3 ans et demi, blondinette au regard bleu azur et au sourire mutin. Même si son visage est peu marqué par son handicap, la petite est bien porteuse de la trisomie 21 (lire ci-dessous).
Besoin d'une surveillance
Comme tous les enfants de son âge, Tatiana a fait sa rentrée en maternelle à Bézu-Saint-Germain, dans une classe de 26 élèves. « Elle va à l'école trois matinées par semaine le lundi, mardi et jeudi, se réjouit le papa. Elle est contente d'y aller, dès qu'on rentre dans l'école, elle m'oublie complètement. »
Parallèlement à l'inscription, les époux Ballery ont fait une demande d'auxiliaire de vie scolaire individuel pour assister leur enfant dans son apprentissage, les jours d'école. « Notre fille a des difficultés, confie le papa en toute humilité. Elle a accumulé du retard par rapport aux autres enfants, elle manque d'attention et d'écoute, elle a besoin d'une aide pour développer ses capacités. »
Il est aussi question de sécurité. « Elle a besoin aussi d'être surveillée plus que les autres, une institutrice seule peut être vite débordée. Nous sommes déjà passés à côté d'un accident avec des ciseaux ».
La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, affirme en effet « le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire à un parcours scolaire continu et adapté ». Ainsi, il prévoit l'accompagnement des enfants handicapés par des auxiliaires de vie scolaire appelés aussi « AVSi ».
Alors le refus de la commission de la MDPH, notifié le 24 septembre, est vécu par la famille comme une injustice. « Il y a encore quelques années, ces enfants étaient cachés, on les gardait à la maison. Aujourd'hui, la loi prévoit la scolarisation de nos enfants et l'aide d'une AVSi. On est bien loin de la réalité mais je suis déterminé à obtenir cette aide pour ma fille. » Officiellement Tatiana serait assez autonome pour suivre normalement à l'école, M. Ballery pense plutôt à une réduction budgétaire de la MDPH.
Refus de la fatalité
Face à tant d'obstacles, beaucoup de parents dans la même situation ont accepté la fatalité. Ils ont retiré leur enfant du circuit scolaire normal. La famille Ballery s'y refuse toujours : « Il y a des enfants porteurs de la trisomie 21 qui ont fait des études au collège et jusqu'au bac professionnel. Pourquoi priver notre fille de ses chances ? »
Les parents ont contesté la décision de la commission devant le tribunal du contentieux dans l'espoir qu'on leur accorde enfin l'aide tant attendue.
Isabel DA SILVA
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