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Avant-première de Tête de Turc Pascal Elbé : « J'ai fait ce film pour mes enfants ! »

Publié le jeudi 18 mars 2010 à 11H00 - Vu 206 fois


Pascal Elbé en compagnie de M. et Mme Cevdet Kacan, les propriétaires du restaurant turc  Efes dans la rue du Petit-Bois, et de François Thirriot, directeur du Metropolis.

Pascal Elbé en compagnie de M. et Mme Cevdet Kacan, les propriétaires du restaurant turc Efes dans la rue du Petit-Bois, et de François Thirriot, directeur du Metropolis.


UNE intervention policière anti-drogue musclée dans une cité de banlieue, la tension qui monte immédiatement dans le quartier, des jeunes qui jettent un cocktail molotov sur la voiture d'un médecin urgentiste venu secourir une femme en détresse cardiaque, le toubib dans le coma, un veuf anéanti qui veut se venger, un policier qui recherche l'incendiaire de la voiture de son frère le médecin… c'est dans cet enchaînement d'événements que Tête de Turc, le premier film de Pascal Elbé en tant que réalisateur, entraîne le public.
Le personnage central est Bora, un jeune d'origine turque, plus ou moins bien intégré dans un groupe d'autres jeunes issus de vagues d'immigration plus anciennes (Maghreb, Afrique noire…). C'est lui qui jette le cocktail molotov sans mesurer réellement la portée de son geste… Et c'est lui aussi qui, dans les secondes qui suivent, extrait le médecin inconscient de sa voiture en flammes.
Dès les premières minutes du film, le destin de Bora se complique : il a signé en quelques secondes à la fois son intégration dans le groupe… et son exclusion. Presque un arrêt de mort !
Pas un film de banlieue
Tête de turc est assurément un film très fort, vecteur de beaucoup d'émotion, mais sans démonstration de violence gratuite. « Je crois que c'est un film qui doit être montré », dit le réalisateur. « J'aimerais qu'il soit projeté à des jeunes qui sont en prison. J'ai été profondément choqué par l'absence de remords dans les procès des auteurs du meurtre d'Ilan Halimi et de l'attaque du bus à Marseille dans lequel Mama Galledou a été grièvement brûlée ! »
Tête de Turc va certainement alimenter le débat citoyen, « mais je n'ai pas voulu faire un film à message », prévient Pascal Elbé. « J'ai trois enfants et c'est d'abord pour eux que j'ai fait ce film ».
Pascal Elbé n'a pas non plus fait un « film de banlieue » comme les producteurs -qu'il a eu du mal à convaincre- craignaient qu'il réalise. Il s'est même amusé à joyeusement brouiller les pistes dans la distribution. Lui-même, d'origine juive d'Afrique du Nord, incarne un médecin arménien orthodoxe. Roschdy Zem, dont la famille est de souche marocaine, joue le rôle de son frère, un flic un peu réac - (« Ça fait vingt ans qu'on ne lui propose que des rôles de rebeus ! », dit Pascal Elbé). Bora est interprété par Samir Makhlouf, un jeune issu de l'immigration maghrébine. Le rôle de sa mère est incarné par Ronit Elkabetz, actrice israélienne et juive bien connue, etc. Et tous sont nés en France ou devenus français ! C'est aussi la note d'espoir que voulait délivrer Pascal Elbé, en plus d'une fin dans laquelle le triomphe des sentiments amoureux trouve une place légitime.
Patrick FLASCHGO
Tête de Turc au Metropolis à partir du 31 mars.

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