Publié le samedi 17 avril 2010 à 12H00 - Vu 216 fois
L'avion s'est posé dans le champ bordant la D 987, avant d'être ramené sur un chemin de terre.
IL est un peu plus de 18 heures, jeudi, et Jean-René en a marre. Basés à l'aérodrome de Belval, le pilote et son Robin DR 400 revenaient de Maubeuge, mais c'est aux alentours de Suippes qu'ils caressent alors les nuages. Y a comme un hic !
Complètement déboussolé, Jean-René, qui navigue à vue, ignore en fait où il se trouve. Les trombes d'eau qui tombent alors ne sont pas là pour le rassurer.
Il finit par se poser en dernier recours dans un champ, situé juste avant l'entrée d'Attigny, à proximité du radar fixe de la D 987.
« Initialement, l'avion était en contrebas, comme la route est surélevée par rapport à cette partie du champ, on ne le voyait presque pas en passant, rapporte un témoin, qui faisait route vers Vaux-Champagne. C'est une voiture arrêtée en feux de détresse qui m'a interpellé ».
Le Robin a finalement été emmené, hier matin, jusqu'au proche chemin de terre séparant deux champs.
Hier, vers 10 heures, il faisait face au passage d'automobilistes intrigués, qui se demandaient bien si ce n'était pas eux qui avaient un coup dans l'aile…
La gendarmerie, contactée, devra barrer la départementale le temps du redécollage, une opération rarissime.
Mais cela n'a pu être fait sur le champ (si l'on peut dire) ; « Le nuage de cendres volcaniques nous interdit de redécoller, nous confiait, hier, Jean-Pierre Lecler, président des Ailes ardennaises qui utilisent le site de Belval. Ce sera donc demain matin (ce matin), sauf nouvelle consigne ».
Bénin mais original
Le responsable insiste sur le caractère bénin de l'épisode : « Personne n'a été blessé ou en danger. C'est aussi grave qu'une voiture en panne au bord de la route. Plutôt que de tourner et de risquer la panne d'essence, le pilote désorienté a choisi l'endroit le plus propice, comme on le voit en apprentissage et d'après ce qu'on m'a dit, il l'a très bien fait. »
En revanche, le redécollage prévu de la départementale est incontestablement un sujet de curiosité. « J'ai beaucoup de pilotes qui m'appellent pour proposer leurs services ! » sourit Jean-Pierre Lecler.
Il faudra en tout cas un pilote professionnel pour réaliser la manœuvre. Jean-René, lui, n'est qu'un élève non-breveté, encore à l'entraînement. Un instructeur l'avait d'ailleurs accompagné jusqu'au décollage.
Le pilote égaré, âgé d'une soixantaine d'années, n'est pourtant pas tout à fait un novice. « Il avait déjà obtenu son brevet mais il doit le faire revalider, car cela faisait des années qu'il ne volait plus. Apparemment, il a un peu perdu… »
Jacques BERTHION et Bernard DORDONNE
Nous avons rencontré Jean-René Tisset qui n'a pas souhaité s'exprimer : « J'ai la tête grosse comme ça, après ce qu'il vient de m'arriver», a-t-il dit, visiblement encore choqué.
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