Publié le mercredi 18 janvier 2012 à 12H00 - Vu 296 fois
Il reste des traces de suie dans l'ancien appartement, mais le pire est l'odeur persistance de brûlé.
Jonathan et Apolline ont été relogés avec leur bébé à la suite de l'incendie de Bernon. Ils cherchent désormais un appartement plus approprié que le leur, qui sent encore le brûlé.
L'ODEUR, âcre et brûlée, prend à la gorge dès qu'on ouvre la porte de l'immeuble, et ne fait qu'empirer quand on s'engage dans l'escalier. L'ascenseur, Apolline, 23 ans, n'ose pas le prendre de peur qu'il n'ait pas été réparé. Et dans l'appartement, une lourde atmosphère acide pèse sur le visiteur.
Ce logement square Lully, le jeune couple ne veut plus en entendre parler. D'autant qu'il y garde le souvenir d'un réveil en sursaut et d'une longue attente effrayée sur le balcon avant que les pompiers ne l'évacuent. Il est donc en négociations avec le Toit champenois pour en obtenir un neuf…
Tous les trois avaient certes été relogés dans un immeuble voisin, « dans un studio étudiant confortable, pour le week-end, raconte Apolline. Le lundi à 9 heures, sans qu'on ait été prévenus, la concierge est venue et nous a donné une heure pour vider l'appartement » afin d'y loger quelqu'un d'autre. Apolline et Jonathan ont cependant refusé d'être renvoyés dans leur ancien logement.
« Ce serait que nous, on pourrait faire avec. On laisserait les fenêtres ouvertes toute la journée pour mieux respirer. Mais avec Nawel qui a un mois et demi, ce n'est juste pas possible. Il fait trop froid pour vivre les fenêtres ouvertes avec un bébé. » D'autant plus que même si l'air s'allège quand on ouvre une fenêtre, il redevient âcre tout aussi rapidement. Pas question donc d'y habiter.
Ce qui est tristement ironique pour eux, car ils avaient aménagé ici il y a deux mois à peine alors que la jeune mère était encore à la maternité. « Ça devait être le nid pour notre bébé, on n'avait jamais habité ensemble avant. »
« Nous leur avons proposé un logement d'urgence déjà meublé en attendant de trouver une solution satisfaisante. Ils ont refusé en disant qu'ils iraient dans la famille », explique-t-on au Toit champenois.
Dossier en attente
Sans voiture (Jonathan va en moto et Apolline est en train de passer le permis) et avec un bébé, les parents ont trouvé la rue de Lorraine trop éloignée pour bien s'en tirer.
Tous trois sont donc provisoirement hébergés chez la mère d'Apolline, à quelques immeubles de là. « Je dors avec le bébé dans la chambre de ma mère, mon conjoint dort avec un de mes frères », explique la jeune femme. Ayant exigé du Toit champenois un appartement au square Mozart, tout près de chez sa mère, elle attend désormais que celui-ci s'exécute.
Sauf que l'organisme, de son côté, attend toujours les papiers qui permettront cette relocation, explique la direction : « Ils ont refusé de prévenir leur assurance en disant qu'ils ne voulaient pas revenir dans cet appart. C'est pour ça que leur logis n'a pas été nettoyé ce week-end. Ensuite, nous avons proposé un logement d'urgence qu'ils ont refusé. Comme ils ont un bébé, on a fait un effort alors qu'on est déjà en situation de crise. On a un appartement prêt pour eux au square Mozart. Mais nous avons besoin de documents pour établir le dossier et la demande de logement d'urgence : une attestation d'assurance, la résiliation de l'ancien bail… »
Ils risquent d'attendre longtemps. Car Apolline n'était même pas au courant qu'elle devait refaire un dossier. « On leur a amené des documents comme le livret de famille, mais ils ne nous ont pas dit qu'ils avaient besoin d'autres papiers. » Un dialogue de sourds…
Caroline BOZEC
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