Accident à Disneyland : « Si je n'avais pas sauté, je serais mort ! »

Accident à Disneyland : « Si je n'avais pas sauté, je serais mort ! »

Publié le lundi 01 décembre 2008 à 01H00 - Vu 18132 fois

«À une seconde près, j'étais mort ». Cédric Camus est encore sous le choc. Samedi après-midi, il a sauté d'un manège au Parc Disneyland Paris à Marne-la-Vallée. pour sauver sa vie. il est 14 heures lorsque le jeune marié de 26 ans habitant Braine (entre Soissons et Reims), prend le manège « Crush and coaster » dans Le monde de Nemo.
Voyage vers l'enfer
Il s'installe avec sa femme Sandra sur une immense carapace de tortue. « On nous a mis le harnais de sécurité mais je n'ai entendu qu'un clic alors que normalement il y a en deux, explique Cédric. J'ai appelé le responsable du manège une dizaine de fois mais il m'a dit que je pouvais y aller ce n'était pas grave et le manège est parti ». Un voyage vers l'enfer pour Cédric et sa femme. « Au bout de quelques instants, le harnais a lâché. J'ai crié « Le harnais ». il n'y avait qu'une chose à faire. J'ai sauté. Ça a duré une fraction de seconde. C'est mon instinct de survie qui m'a guidé. Si je n'avais pas sauté, je serais tombé sur les rails dans les descentes et les loopings et là je serais mort ».
L'attraction continue malgré l'accident
Cédric percute violemment les escaliers de secours qui longent les rails du manège. Il est sérieusement blessé au front. Son bras et sa jambe gauche sont tuméfiés. « J'étais sonné mais conscient. La première chose que je me suis demandée c'est si le harnais de ma femme avait tenu. » De son côté, Sandra imagine le pire pour son mari. « Je me suis dit qu'à la fin du manège, on viendrait me dire qu'il était mort ». La jeune femme harnachée poursuit l'attraction qui ira à son terme. Pendant deux à trois minutes, le couple vit un véritable cauchemar. « Les employés n'ont même pas vu que j'avais sauté alors que j'étais devant les caméras de surveillance. » Cédric saigne abondamment mais il est en vie et tombe dans les bras de Sandra. Mais c'est très vite l'effervescence autour d'eux. « Les responsables de disneyland Paris étaient paniqués, glisse Cédric. Ils m'ont demandé pourquoi j'avais sauté et m'ont pris pour un cinglé ».
Aux urgences en… taxi !
Les deux jeunes gens sont pris en charge par les pompiers et conduits au centre hospitalier de Marne-la vallée… en taxi ! « On est revenu en taxi au parking et on a dû repartir chez nous à Braine. Eurodisney nous a donné une entrée gratuite mais ne nous a pas proposé une chambre pour passer la nuit. Aujourd'hui, j'attends un geste sinon, on fera ce qu'il faudra faire ». Le jeune couple est donc prêt à porter l'affaire en justice. Du côté de la direction du parc, on joue la carte de la prudence. « Je ne connais pas les raisons qui l'on poussé à sauter, confie une porte-parole d'Eurodisney. La nacelle dans laquelle il se trouvait a été retirée de l'attraction pour que l'on procède à des vérifications et il y a une enquête de police. »
En attendant le résultat de cette enquête, Cédric se repose chez lui avec sa femme. Il est arrêté pour sept jours. « C'était notre cadeau de noël de l'année dernière. On est parti au parc avec la banane mais là, psychologiquement on est à zéro. Je n'arrête pas de remémorer cet instant où je saute… ».
Une chose est sûre, il ne montera plus sur ce genre de manège. « On en était friands, C'est au moins la vingtième fois qu'on le prenait sans problème mais maintenant, c'est fini. Plus jamais ».

L'union l'Ardennais