Publié le mardi 09 février 2010
120 espèces d'oiseaux peuplent les étangs de Courville, depuis que la chasse y est interdite…
Bernard SIVADE
UN petit village à une demi-heure de Reims, une belle église : nous voilà à Courville. Qui est connu aussi pour sa « zone humide », autrement dit des étangs et des mares, où foisonnent toutes sortes d'animaux. Des oiseaux bien sûr, mais aussi des ragondins, « qui font des trous dans les digues qui peuvent s'écrouler », explique un des guides, de la police de l'environnement.
Des collègues de la police de l'eau et de la pêche sont avec lui pour ces journées organisées par l'Onema (Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques) et le Siabave (Syndicat mixte intercommunal d'Aménagement du Bassin de la Vesle). Cette année, ont participé aussi : le Conservatoire du Patrimoine Naturel de Champagne-Ardenne, partenaire gestion du domaine, l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et l'Agence de l'eau Seine Normandie.
« Il n'y a que le piégeage pour pouvoir s'en débarrasser. » Comme les ratons laveurs, ce sont des espèces qui ne sont pas de la région, ni même de l'Europe. Elles viennent d'Amérique. Les ragondins ne font pas que des dégâts : « Vous avez peut-être déjà mangé du pâté de lièvre des marais ? Et bien, sous ce joli nom, se cache en fait le ragondin. » Le garde-pêche nous assure que « c'est très bon ».
Comme un cochon qu'on égorge
Les guides ont parlé des 120 espèces d'oiseaux qui peuplent le site, depuis que la chasse y est interdite… Si vous vous baladez aux étangs de Courville au printemps ou l'été, vous pourrez peut-être voir des Martins-pêcheurs, « qui se reproduisent bien. Dès qu'il gèle, ils s'en vont sur les cours d'eau où ils peuvent encore trouver des poissons pour se nourrir ».
Les policiers de la pêche et de l'eau ont installé dans la zone humide un nichoir pour la chouette cheveche. « Ce n'est pas sûr que cela marche, toutes les conditions ne sont pas réunies, mais on espère. En tout cas, il faut attendre plusieurs années. »
Au fur et à mesure qu'on avance sur le chemin qui fait le tour de la zone humide, on rencontre d'autres animaux. Avec la chance ou non de les voir, suivant les saisons, l'heure, le temps… Là, ce sont les poules d'eau, qui cohabitent avec les râles d'eau. « On peut reconnaître ces derniers à l'oreille : leur cri correspond à celui d'un cochon qu'on égorge. »
Il y a des zones tampon entre les différents milieux. « La biodiversité est préservée par les haies, les buissons, etc. »
Ah, voilà le groupe de visiteurs qui s'arrête : « C'est un terrier de blaireau, on trouve la sortie sur la route, quelques mètres plus loin. » Et dans le champ, là, voilà notre ami le ragondin, qui nous regarde sans bouger, mais prêt à courir loin des hommes. Finalement, il continuera tranquillement à vaquer à ses occupations.
Une vingtaine de couples de reinettes
Nouvel arrêt, devant une mare cette fois : « Il y a une roselière importante, mais aussi des arbres et des grands buissons. C'est pour cela que la reinette arboricole se développe ici. Il y a une vingtaine de couples. » Cette grenouille toute verte aime beaucoup grimper partout où elle peut. Il y a aussi des libellules, du brochet qui manque de lieux de reproduction…
Il est nécessaire d'entretenir ces étangs si utiles, et de les protéger des pollutions diverses. Posters, documentation, diaporamas et exposition photos permettaient de prolonger le plaisir de la visite du domaine.
Guillaume FLATET











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