Publié le dimanche 21 juin 2009
Les trois squelettes, inhumés il y a 1 500 ans, reposent sur du sable. Les os les plus fragiles ont disparu.
ST¿PHANIE GRUSS
PLUS de 25 000 personnes ont d'ores et déjà visité l'exposition « Nos ancêtres les Barbares », à l'espace Camille-Claudel de Saint-Dizier. « Du jamais vu », selon Cécile Vareon, la responsable du musée. La barre des 30 000 pourrait même être dépassée avec la présentation des trois squelettes des chefs francs jusqu'au 20 septembre. Ces ossements ont été découverts durant l'hiver 2001-2002, lors de fouilles archéologiques préventives menées sur le site de la Tuilerie, entre la zone commerciale du Chêne Saint-Amand et la RN4.
Marie-Cécile Turc, jeune archéologue, a tout d'abord découvert un anneau en bronze, puis une semaine plus tard, trois tombes numérotées 11, 12, 13, datant de l'époque mérovingienne (VIe siècle). « La jeune femme a été enterrée à environ 30 cm sous le sol, raconte Cécile Paresys, archéo-anthropologue à l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Les deux hommes en revanche ont été inhumés plus profondément ».
Sont-ils parents ?
Sept mois après le début de l'exposition, les dépouilles des chefs francs sont enfin présentées au public juste avant la reconstitution grandeur nature des trois tombes. Des dépouilles qui ont subi les affres du temps. « Les os les plus fragiles ont disparu », précise Cécile Paresys qui les a étudiés avec soin.
Sous une vitrine, l'on peut ainsi contempler le squelette d'un jeune homme d'à peine 30 ans, mesurant 1,82 mètre ; d'un vieil homme d'1,77 m âgé d'une cinquantaine d'années ; et d'une femme adolescente d'1,64 m. Pour déterminer leur âge, cette archéo-anthropologue a examiné les sutures du crâne des adultes. Et elle a observé le genou de l'adolescente. « À cet endroit, l'extrémité des os n'est pas soudée à l'os principal, explique-t-elle. Il se soude seulement entre l'âge de 16 et 22 ans… ».
Aucune trace de maladies infectieuses ou de coups violents n'a été repérée. Seul le squelette de l'homme âgé porte plusieurs fractures consolidées à l'avant-bras droit et au tibia gauche. Il présente par ailleurs un syndrome associé parfois à l'obésité et au diabète, « signe d'une nourriture très riche en graisses et en protéines animales ». « On ne peut pas déterminer la cause de leur mort », reconnaît-elle.
Une question subsiste : ces trois aristocrates francs sont-ils parents ? Là encore, aucune certitude. « L'ADN est très rarement conservée sur des ossements aussi vieux. Et puis, nous n'avons pris aucune précaution lors des fouilles, rappelle Cécile Paresys. Cela dit, les trois corps sont probablement apparentés puisqu'ils ont été enterrés à la même époque, à proximité des uns et des autres et selon la même orientation ». Autant dire que ces personnages francs cachent encore bien des mystères…
Stéphanie GRUSS
L'exposition est prolongée jusqu'au 20 septembre à l'espace Camille-Claudel, 9 avenue de la République. Entrée libre. Renseignements et réservations au 03.25.07.31.50.









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