Publié le vendredi 10 février 2012 à 12H00 - Vu 51 fois
C'est pour bientôt, mais il faut patienter encore un peu ! Lorsque l'obstétrique se substitue à la politique, les praticiens de l'accouchement de candidature comparent si bien leur diagnostic qu'on ne parle plus que de cela. Nicolas Sarkozy, qui sait ce qu'est la communication et a réfléchi depuis longtemps à la forme et au fond de sa déclaration prochaine, veut créer de l'impatience. Il est des entretiens dont on sait l'essentiel avant parution. « Le Figaro Magazine » crée l'événement avant l'événement. Le Président va se lancer dans une seconde course à l'Elysée. C'est une certitude mais il reste maître du temps alors que tous les indicateurs de l'opinion attestent qu'il est en grande difficulté. Il fait mine de l'ignorer pour promouvoir une société des valeurs qu'il oppose à une société des rectifications clientélistes. Ce rôle de composition le différencie profondément de François Hollande et c'est ce qu'il recherche de manière à retrouver du muscle avant le premier tour. Il reprend l'arme du référendum gaullien pour donner directement la parole aux Français sur des sujets sociétaux dès lors que les partenaires sociaux s'avèrent incapables de conclure des accords de raison. Sur la vocation du service public de l'emploi et la contrepartie à une indemnisation chômage qui est la formation, il est certain de faire causer dans les chaumières. Sur son refus du mariage gay, de l'euthanasie, du vote des étrangers aux élections locales, de la régularisation des immigrés en situation irrégulière, il est méthodiquement à contre-pied d'un François Hollande. Il est patent que Nicolas Sarkozy est à la reconquête d'un électorat qui l'a délaissé pour mieux se laisser séduire par les bayrouistes et les socialistes modérés les plus présentables. Dans le contexte de crise, comme il ne peut pas compter sur son bilan, il veut incarner la France des traditions qui assume ses repères immémoriaux.
Hervé CHABAUD
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