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Éditorial / Poil à gratter

Publié le vendredi 10 août 2012 à 11H00 - Vu 21 fois



Va-t-on vers un clivage sévère entre la droite parlementaire et le gouvernement sur la politique étrangère de la France ? Si jusqu'alors sur la plupart des dossiers portant sur les relations extérieures il y a eu au cours des mandats précédents un relatif consensus, il est patent que ce scénario n'est plus d'actualité. Nicolas Sarkozy a mis son grain de sel dans l'affaire syrienne pour inviter l'UMP à ne faire aucune concession au Quai d'Orsay et à tenir un discours critique argumenté sur chaque dossier diplomatique mais pas seulement. Il veut une droite survitaminée.
Il traduit son envie, celle d'une opposition impatiente, très présente, rude si nécessaire, et convaincue que François Hollande peut être attaqué parce qu'il se refuse à être en permanence en première ligne. Au-delà d'une gouvernance inadaptée aux enjeux et à la situation, il recommande à l'UMP d'inventorier toutes les faiblesses du nouveau pouvoir et de marquer à la culotte aussi bien le chef de l'État que les membres du gouvernement.
Si tel est le virage stratégique retenu, on s'achemine vers une opposition de combat affûtée pour septembre et déterminée à donner du stress alors que prévaut la méthode recommandée par l'Élysée du consensus tous azimuts.
Aux commissions et aux rapports, la droite va-t-elle opter pour le choc de la confrontation ? Lorsqu'on sait la fragilité du contexte économique européen et les faiblesses bien identifiées de la France, la rentrée risque d'être hypertendue.
Nicolas Sarkozy s'emploie à fissurer le socle du quinquennat de son successeur et se veut l'aiguillon d'un grand parti d'opposition trop occupé par ses rivalités et le casse-tête de sa réorganisation pour assurer une présence éreintante envers la majorité. L'ancien Président suggère à ses amis d'être présents et incisifs sur tous les fronts. S'il joue de son carnet d'adresses international, c'est aussi pour leur dire cela et les inviter à fixer leurs priorités qui ne peuvent pas se résumer à une guerre interne de succession à l'UMP.
Nicolas Sarkozy fait toujours de la politique et il est clair qu'il a envie de s'exprimer et de ne pas simplement être un spectateur privilégié des agitations du microcosme. S'érige-t-il en hyperconsultant de la droite ou préfère-t-il être le sage maison qu'il faut impérativement consulter avant toute décision ?
L'homme a trop aimé le pouvoir pour réussir à se réfugier dans un périmètre qui l'en maintient éloigné. Hors de question qu'il prenne sa retraite, aussi focalise-t-il la colère socialiste et accumule-t-il les petites phrases assassines à son endroit. Mais ainsi, on ne l'oublie pas. Il reste une pièce à redéfinir sur l'échiquier politique.

Hervé CHABAUD

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