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Éditorial / L'été morose

Publié le jeudi 09 août 2012 à 11H00 - Vu 24 fois



Même si les termes employés sont feutrés pour ne pas alarmer les Français en cette période estivale, la récession est inévitable et toutes les données conjoncturelles croisées par les économistes attestent la fragilité de la zone euro et les faiblesses françaises.
Le tableau est sombre pour le chef de l'État moins de cent jours après sa prise de fonction. Le climat des affaires a reculé d'un point aussi bien dans l'industrie que dans les services et les secteurs de l'automobile et du textile affichent des performances très préoccupantes. Combien d'usines dans l'Hexagone utilisent moins des trois-quarts de leurs capacités de production ?
Il est patent que la compétitivité des entreprises fléchit et avec un déficit du commerce extérieur de 67,9 milliards d'euros au cours des douze derniers mois, on mesure l'ampleur du problème.
Tous les clignotants sont au rouge vif mais François Hollande donne l'impression de prendre son temps pour engager les changements structurels promis. L'alourdissement de la fiscalité de 7,2 milliards d'euro validé dans la loi de finances rectificative ne peut pas être une fin en soi, alors que le candidat socialiste a promis une grande réforme fiscale qui devrait être travaillée à l'automne.
De même, l'augmentation de la TVA ou de la CSG destinée à soulager les comptes des entreprises en faisant financer par l'impôt et plus par le seul travail le coût de la protection sociale, n'est plus évoquée qu'à l'horizon 2014. Le taux des 10 % de chômeurs va être rapidement dépassé et il faut craindre de très mauvais chiffres pour la rentrée parce que les plans sociaux sont loin d'avoir produit leurs effets les plus néfastes. Comme les carnets de commandes se dégarnissent et que les stocks atteignent un seuil critique, on mesure la vulnérabilité des firmes hexagonales dont les marges ont déjà été rognées à l'extrême.
Aussi ont-elles les plus grandes difficultés à investir pour innover et finaliser de nouveaux produits à forte valeur ajoutée.
Pendant l'été la crise n'est pas en sommeil, elle continue de miner l'activité et de saper le moral aussi le choc de la rentrée risque d'être rude lorsque la réalité va revenir en première ligne avec toute sa brutalité.
La contraction de la consommation est un autre danger. L'incertitude et la peur légitime de l'avenir décident les gens à la prudence parce qu'ils s'inscrivent dans une économie de survie et n'imaginent plus une société de progrès. Si le président de la République n'apporte pas de réponses fortes à leurs inquiétudes, le changement pourrait être compris comme le renoncement même si le pire n'est jamais sûr. Mieux vaut ne pas fermer les yeux sur les chiffres de la Banque de France.
Hervé CHABAUD

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