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Editorial / La tactique du gendarme

Publié le jeudi 13 janvier 2011 à 13H08 - Vu 86 fois



S’oriente-t-on vers une mutation du devoir de réserve des militaires et une requalification de leur droit d’expression? Gare aux conclusions hâtives et aux cocoricos. Ce n’est pas parce que le Conseil d’État a annulé un décret de radiation d’un officier de gendarmerie qu’il faut en conclure que tout est bon à dire n’importe comment dans les armées et de préférence lorsque cela fait grimacer la hiérarchie! Ce qui est reproché à l’administration ce n’est pas d’avoir engagé une procédure disciplinaire mais de ne pas avoir manifesté de sens de la mesure en optant pour une sanction définitive qui n’est pas en phase avec les faits reprochés. A aucun moment, il n’est dit que cet officier n’aurait jamais dû être puni. Ce qui est dénoncé est la disproportion entre la faute et la réponse choisie par l’État. L’officier qui était en même temps chercheur au CNRS avait porté de sévères critiques sur le rapprochement entre la police et la gendarmerie. Il est patent qu’il s’était ainsi distingué de l’éthique d’habitude forgée d’obéissance et de loyauté envers le donneur d’ordres dès lors qu’il ne contrevient pas à la loi de la République. Sur le fond il demeure un problème on ne peut pas avoir deux casquettes qui témoignent d’une compétence et de qualités intellectuelles avérées et oublier volontairement les règles qui s’appliquent à l’une ou à l’autre. En revanche, on ne doit pas virer quelqu’un pour faire un exemple lorsque la gravité de ce qu’on lui reproche ne le mérite pas. La réintégration de l’officier à la date de sa radiation est un camouflet pour le chef de l’État qui a signé le décret. Il y en a plus d’un qui doit être dans ses petits souliers. L’Élysée n’apprécie guère les remontrances des juges qu’ils soient de l’ordre administratif ou judiciaire. Mais la République à ses garde-fous et mieux vaut les préserver.

Hervé Chabaud

 

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Les dernières contributions


dudule 1°

14/01/2011 à 12h46

C'est une TRES BONNE chose que cet Officier aie été réintégré!
Quand on connait les missions de chacun, on voit bien que le bas blesse...........
De plus, le Gendarme est un militaire 24/24h & 365 jours par an.
Le policier fait ses 35 h, à le droit de grève, et de plus est syndiqué.......
Et ne parlons pas de l'attitude qui parfois laisse à désirer....... faux témoignages et autres petits problèmes.
CQFD

Airelle

13/01/2011 à 17h25

Préserver les garde-fous, la République et les contre-pouvoirs, tout un programme pour la Démocratie !!!

MANSA

ici, là ou ailleurs

13/01/2011 à 16h17

pour voltaire51: certes, mais en France, la tradition militaire (dont était la gendarmerie, l'est-elle encore, après son rattachement à l'intérieur) voulait que rien ne filtre (la grande muette). Et surtout, l'un des principes (encore valable dans de nombreuses administrations) était: réfléchir, c'est déjà désobéïr!

Voltaire51

13/01/2011 à 15h42 | 1

L'affaire, du reste, n'est pas terminée: en effet, le Conseil d'Etat ne s'est prononcé que sur la sanction, pas sur l'opportunité ou l'inopportunité de la procédure qui n'était pas dans le champ de sa saisine.
Il aura peut-être à le faire si l'affaire revient devant lui pour ce motif.
Reste qu'un fonctionnaire civil ou militaire, n'est pas un sous-citoyen.
Or, comme tout citoyen à part entière, il a parfaitement le droit d'exprimer son avis, par toutes les formes possibles, sans que l'autorité publique puisse intervenir. C'est un des points importants de la Charte des droits fondamentaux de l'UE., d'autant plus qu'en s'exprimant, ce gendarme n'a ni trahi, ni violé aucun secret professionnel, seule raison qui justifierait une sanction à mes yeux.

Commentaires anonymes

13/01/2011 à 14h13 | 1

encore un camouflet pur le "petit" !!! Vous voyez bien qu'il est assez grand pour se ridiculiser tout seul il n'a pas besoin des autres pour cela !!!!!!

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