Publié le jeudi 09 février 2012 à 12H00 - Vu 30 fois
Rue Cambon, ils font un carton ! Avec cet air sérieux de ne pas en être, les magistrats de la Cour des comptes s'invitent dans la campagne présidentielle. Les candidats qui ont une lecture sélective et opportuniste se réjouissent des résultats de ce scanner technocratique dont les manipulateurs appuient là où cela fait mal. Ils exultent comme s'ils étaient confortés dans les choix stratégiques qu'ils proposent plus ou moins clairement aux électeurs, afin d'engranger leurs suffrages. Doit-on prêter au socialiste Didier Migaud nommé par un président de la République de droite à la tête de cette haute juridiction impitoyable de rouler pour François plutôt que Nicolas ? Bien sûr, le gouvernement est criblé de critiques par ces magistrats ébénistes qui ont le rabot beaucoup plus facile que les ministres et souhaiteraient une planification détaillée de la réduction de la dette. Mais, les prévisions quinquennales optimistes de croissance d'un Hollande sont bien loin d'être validées puisque si l'on en juge les sages, la marche vers un retour à l'équilibre est un chemin cahoteux et piégé. Le gouvernement peut se consoler de ne pas être le seul à en prendre pour son grade. C'est devenu une habitude, les intermittents du spectacle se font étriller alors qu'ils n'ont pas demandé à être les variables d'ajustement de sociétés qui s'entendent comme larrons en foire pour maintenir un vivier précaire si utile. Les télés publiques qui ont zappé leur redressement sont coiffées d'un bonnet d'âne, tandis que bien des situations sorties du contexte du temps de leur décision, sont étalées comme autant de confiture d'incompétence publique sur la tartine de l'État. La version définitive sur les finances publiques ne sortira qu'en juin, après la présidentielle et les législatives. Le président d'alors ne la lira plus avec les yeux du candidat. À moins qu'il n'ait qu'une envie : se planter.
Hervé CHABAUD
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