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Editorial / Arc-en-ciel

Publié le mercredi 27 juin 2012 à 10H30 - Vu 25 fois



Lorsque les Verts voient rouge et pestent contre les roses, ils votent blanc ! On pensait que l'élection de Claude Bartolone au Perchoir serait, dans le respect du protocole, une simple formalité attestant l'union des gauches dans la majorité. Patatras ! Les écologistes n'ont pas obtenu la présidence de la Commission du développement durable et, comme leurs ambitions ont été polluées par le vent dominant du PS, ils ont donné un avertissement à peu de frais. Ils n'ont pas été en reste puisque l'opposition a manifesté aussi ses différences. Le nouveau puzzle centro-radical made in Borloo n'a pas voté pour la candidature de témoignage de l'UMP. La majorité est donc moins pimpante qu'on le croyait mais l'opposition est aussi divisée qu'on le pensait. Est-ce à dire que les petits groupes craignent déjà d'être les supplétifs des deux grands groupes qui dominent l'Hémicycle ? Ce n'est pas simplement de la peur mais du pragmatisme.

Le PS est tenté pour exiger des Verts une solidarité irréprochable sur tous les textes gouvernementaux de leur faire comprendre qu'il peut très bien se passer d'eux pour appliquer sa politique. De leur côté, les centristes et leurs alliés en quête de reconnaissance ne tiennent pas à s'aligner dans l'ombre de l'UMP par crainte de devenir invisibles pendant cinq ans. Chacun cherche à se faire entendre et respecter aussi, la petite musique unitaire est chargée de bémols à la clef. Ces manifestations d'humeur sont-elles destinées à bousculer l'idée d'un Parlement godillot ? Cela en prend l'apparence. Les députés ont envie de peser sur les textes et il est des petits groupes qui tiennent à leur liberté de vote comme moyen de pression. Il y a des agitateurs sur les bancs de l'Assemblée et dans tous les rangs. Aujourd'hui il existe une incertitude sur la manière de les canaliser. Comme les Verts sont accusés d'avoir renoncé à leur identité pour deux maroquins, leur geste est un rappel à l'ordre adressé à l'Élysée et Matignon même si, sans le PS, ils auraient assisté à cette rentrée parlementaire depuis les tribunes des invités.
 

Hervé CHABAUD
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