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Vestige de la guerre 14-18 à la Mare-aux-Bœufs Un hôpital sous la terre

Publié le dimanche 04 septembre 2011 à 11H00 - Vu 383 fois


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Les couloirs bétonnés desservaient les salles de soins, d'opération et de stockage des médicaments.

Les couloirs bétonnés desservaient les salles de soins, d'opération et de stockage des médicaments.


De longs couloirs bétonnés où l'on soignait les blessés : c'est ainsi que se présentent les vestiges, étonnament bien conservés, de l'ancien hôpital allemand caché sous la végétation à la Mare- aux-Boeufs.

LE site est volontairement discret. Comme on ne le sait que trop dans la région, les vestiges de la Grande guerre sont régulièrement pillés. Accessible à un public averti et armé de bonnes intentions, l'ancien hôpital allemand de la Mare-aux-Boeufs se situe en contrebas d'une courbe entre Binarville et Servon-Melzicourt.
On y accède par un chemin de bois qui longe un ruisseau depuis un lavoir. Etrangement bien conservés, des restes de bâtiments témoignent de la belle qualité des ouvrages réalisés à l'arrière de leurs lignes de front par les Allemands pour leur service de santé.
Il faut rappeler qu'il existait trois catégories de lieux pour les blessés à ramasser et à traiter. En première et deuxième ligne, les postes de secours étaient de simples sapes creusées en terre profonde. Ensuite venaient les hôpitaux de campagne, proches du front, bétonnés. Enfin, au bout de la chaîne, les infirmeries et hôpitaux d'évacuation, constituaient la dernière étape pour le blessé avant de quitter la zone des opérations.
La revue « Tranchées », reprenant les données du service de santé allemand, expose parfaitement le dispositif en Argonne. Elle situe ainsi l'ambulance principale à Binarville. Celle-ci était reliée par voie ferrée aux postes de secours des bataillons installés dans les vallées. Le transport s'effectuait par wagonnets sanitaires tirés par des chevaux, montés sur essieux pouvant transporter deux à quatre brancards ou huit blessés assis.
L'ambulance-hôpital de la Mare-aux-Bœufs, deuxième étape de la chaîne comme celui d'Herbeuville et de Dommartin-en-Meuse, a été relié à l'Argonnenbahn. Il est photographié dans les archives allemandes sous l'appellation « Haupt Verband Platz, la mare, i/Bau ».
« Bon voyage »
La visite est édifiante. On est surpris par la remarquable conservation des locaux, intacts dans leur structure. A l'accueil, la devise des mineurs, « Glück Auf » (bon voyage), réminiscence de la profession des soldats constructeurs, est gravée en frontispice au-dessus de la porte. Toutes les pièces, en sous-sol, une dizaine environ, sont accessibles par un couloir bétonné lui aussi desservant les locaux alignés. On imagine facilement les lits de blessés répartis par catégories de soins à donner. Deux locaux plus exigus ont pu vraisemblablement servir à des endroits réservés aux soins particuliers, au stockage des moyens de traitement, avec la possibilité d'y abriter les locaux de salle de pansements, voire la salle d'opération.
La conservation des tours des fenêtres en bois, les inscriptions gravées sur les murs, dont certaines décoratives, ne manquent pas aussi de surprendre. Les plafonds, à savoir les arceaux de ferraille supportant leur charge, sont rouillés mais pas écroulés.
Détail important : un évier en pierre et son tuyau d'évacuation en métal sont encore présents. Ils prouvent qu'une alimentation en eau courante avait été prévue, facilitant les soins et les mesures d'hygiène pas si évidents à obtenir si près du champ de bataille. Autre élément du site, l'emplacement d'un cimetière sur le plan supérieur de la butte a pu être identifié. Son contenu a été regroupé par la suite dans les nécropoles allemandes.

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