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Un Ménéhildien fête ses 50 ans de vendanges au Champagne Simonet Au paradis de Jules

Publié le mercredi 03 octobre 2012 à 11H00 - Vu 145 fois


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De leur rencontre à l'armée à Metz est née une longue amitié. Depuis un demi-siècle, Jackie Simonet et Jules Paradis

De leur rencontre à l'armée à Metz est née une longue amitié. Depuis un demi-siècle, Jackie Simonet et Jules Paradis


A 71 ans, le Ménéhildien Jules Paradis fête cette année ses 50 années de vendanges au sein de la maison Simonet de Villers-Marmery.

JULES Paradis a trouvé le bonheur ici bas. Chaque année, en septembre, il me le cap sur les vignes de Villers-Marmery, tournant, pour une dizaine de jours, le dos à son Argonne. Quand il travaillait encore à l'entretien des voies pour la SNCF, il prenait des congés. Depuis 1996, le cheminot a raccroché sa casquette mais pas son tablier. Désormais retraité, il continue à vendanger chez son copain de régiment, Jackie Simonet.
Les hasards de la vie ont très tôt lié l'existence du Ménéhildien au village de Villers-Marmery. « Quand j'avais 12 ans, je venais déjà travailler aux vendanges chez Bazin. Je me souviens que le père venait nous chercher à la gare avec son cheval… » Bien des années plus tard, alors qu'il fait l'armée à Metz, Jules se lie d'amitié avec Jackie Simonet. L'un ne travaille pas encore aux Chemins de fer, l'autre est fils de cheminot.
« Mon grand-père Charles était un ancien cheminot. Dans les années 30, à la suite d'une mutation, il est venu travailler avec un vigneron de Villers-Marmery, Paul Berthelot. Celui-ci n'avait pas d'héritiers et c'est mon grand-père qui a pris sa suite. Il s'est marié et a eu 7 enfants dont mon père Jackie qui a fait sa première vendange en 1958 », raconte Hubert Simonet.
« Les vendanges, c'est sacré »
Chez les Paradis aussi, on travaille la vigne - de manière saisonnière - de père en fils. Mais aussi de beau-frère en neveu… Au final, c'est pratiquement en famille que les Argonnais prennent leurs quartiers à la maison Simonet le temps de la coupe. Chacun est à son poste : la plupart sur les coteaux et Jules, au pressoir. Gérer les marcs, c'est son affaire.
La semaine dernière, au plus fort des vendanges, il en a assuré quatre dans la journée. Sachant qu'il faut quatre heures pour presser 4 000 kg de raisin, cela donne une idée de sa journée de travail. Commencer tôt et terminer tard, cela ne lui a jamais fait peur. Pas plus que d'effectuer la retrousse à la main quatre fois par marc.
Au fur et à mesure que l'on presse, il faut en effet retourner le raisin contenu dans le pressoir pour s'assurer que toutes les grappes vont bien rendre leur jus. Une opération qui est de plus en plus mécanisée mais s'effectue encore de manière traditionnelle chez les Simonet. « J'ai toujours été manuel. C'est vrai que la retrousse c'est dur mais on ne vient pas là pour se reposer ! »
Mais alors qu'est-ce qui pousse encore Jules à refaire les mêmes gestes depuis 50 ans ? « Les vendanges, c'est presque sacré. Si je ne venais pas, il me manquerait quelque chose… » Bien sûr, c'est beaucoup de travail, mais il y a l'amitié et la confiance du patron.
La bise au patron
Avec son copain de régiment, Jules partage aussi le port de la moustache. Si la sienne n'intéresse pas grand monde, celle du patron est le baromètre de son humeur.
« Quand sa moustache est vers le sol, ça va, mais si elle est à l'envers, ce n'est pas bon ! », rigole le Ménéhildien.
Cette année, Jules a eu un privilège rare : celui d'embrasser son patron. « J'ai le droit quand on fait un marc à 11° ». Alors que bien des vignobles ont souffert du gel puis de la grêle, celui de Villers-Marmery s'en sort mieux que bien. « Nous avons fait un marc à 11,1°degré, confirme Hubert Simonet, ce qui est exceptionnel ».
Issu d'une famille nombreuse, Jules Paradis se flatte d'avoir une religieuse parmi ses sœurs. Cela lui donne une certaine foi en l'avenir. « Tant que mon beau-frère me prête vie, je continue les vendanges ! »
Stéphanie VERGER

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