Publié le vendredi 15 juillet 2011 à 11H00 - Vu 76 fois
L'agriculture bio pour Patricia Bouvier : une conviction… et un défi à relever.
Dans sa ferme qui domine Tupigny, Patricia Bouvier commence sa reconversion dans le bio. Elle est la seule agricultrice à entamer cette démarche en Thiérache.
TUPIGNY, les champs de céréales tout autour et sur les hauteurs, la ferme La Sanière, blottie. Sous un ciel orageux, Patricia Bouvier souffle : « J'adore tout ça, ces champs, cette solitude. J'adore cet endroit. » Patricia Bouvier aime la terre, l'ensemencer, la cultiver. Elle aime le fruit et le légume d'ici, celui « dont le consommateur a besoin de connaître l'origine, sans passer par un intermédiaire. »
Lorsqu'elle était à Berrieux dans le Laonnois, il y a plus d'un an, déjà, elle faisait dans la vente directe. Là-bas, elle y cultivait des fruits rouges, des fraises, des framboises, des groseilles, des cerises. Encore aujourd'hui, en Thiérache, une partie de sa production est pour l'entreprise les Fruits Rouges de l'Aisne, basée à Laon. Le reste est pour une poignée de fidèles. Souvent pour une poignée de figues : « Il est difficile de vivre du seul rendement de fruits rouges. Leur production va bien en diversification. » D'où sa volonté d'enraciner ses habitudes, en faisant germer une autre culture, maraîchère.
En Thiérache, elle a donc replanté ses billes rouges ainsi que quelques fruits et légumes sur une parcelle de deux hectares, au sein d'une pâture, sur un terrain, celui de son ami, l'agriculteur Jean Maes, qui en compte 130, ainsi que qu'une centaine de bêtes, des vaches laitières.
Mais tout reste encore à faire, pour la cultivatrice qui rêve d'une production entièrement bio. « Dans mon esprit, je suis déjà « dans le bio ». Je n'utilise aucun pesticide. La preuve : je viens de planter des navets. Ils ont tous attrapé un champignon. Je suis consciente que tout n'est pas rose dans l'agriculture bio. Mais je le fais par conviction. »
Subventions
Tout reste à faire, car si Patricia Bouvier a déjà rencontré un technicien de l'association Agriculture Biologique Picardie (ABP) pour monter un dossier, la conversion prend du temps : « On évalue d'abord le ressenti, les besoins et l'envie du porteur de projet. Ensuite, on établit un diagnostic de conversion, une étude technico-économique avec un technicien et enfin une étude financière. »
Le porteur de projet peut alors bénéficier d'aides émanant de l'Etat et de l'Europe, dans le cadre de la Politique agricole commune, à raison de 900 euros par hectare, pour le montant le plus élevé. Il peut aussi être subventionné par la Région, avec un crédit d'impôt qui peut aller jusqu'à 2 500 euros par an à partir de l'engagement bio. Ou bien avec une aide à la certification de 500 euros par an pour un maraîcher. Ou encore avec une aide à l'investissement de 15 à 40 % pour un investissement de 100 000 euros.
« Pour un maraîcher, les investissements ne sont jamais très lourds. Ils concernent des outils de désherbage mécanique dont les prix sont variables », estime-t-on encore chez ABP.
Enfin, si la production du porteur de projet est certifiée par Ecocert ou Qualité France, les deux organismes présents en Picardie, la conversion est de deux ans. On souhaite à Patricia Bouvier de tenir bon.
Delphine OLIVA
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