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Social / Le malaise champenois s'installe

Publié le mardi 23 mars 2010 à 10H44 - Vu 56 fois


Mouvement de grève chez Moêt et Chandon précédant le grand mouvement du jeudi 15  avril.

Mouvement de grève chez Moêt et Chandon précédant le grand mouvement du jeudi 15 avril.



Les résultats de l'année 2009 à peine publiés, l'intersyndicale CGT du champagne appelle à une grande manifestation jeudi 15 avril avenue de Champagne à Epernay. Un haut lieu stratégique « permettant une mobilisation d'envergure » estime Patrick Leroy, secrétaire générale de l'intersyndicale. « Ce mouvement est directement lié aux échecs des négociations sur le barème des salaires avec l'Union des maisons de champagne (UMC) ». Pour Patrick Leroy, les maisons ne font pas assez d'efforts : « En 2009 ; nous avons obtenu 1 % alors que l'inflation était de 2,8 % ; en 2010, ils nous proposent 0,5 % alors que l'inflation est de 0,9 %. Avec ces propositions qui ne sont pas acceptables, nous perdons du pouvoir d'achat. Nous voulons 2 % de salaire pour rattraper les pertes ». Si la revalorisation des salaires reste le dossier le plus épineux pour les syndicats, d'autres sujets sont également évoqués : « Nous sommes très inquiets quant au devenir des métiers. Nous avons peur que certains secteurs comme l'habillage soient externalisés de la Champagne. C'est une erreur. Ces secteurs d'activités sont des savoir-faire que nous allons perdre. Ils doivent être maintenus en Champagne ».

« Les maisons ne font pas assez d'efforts »

Autre point sensible : les dispositions pour les retraites. « Nous souhaitons un 3e étage de retraite ». Ce dernier, il est vrai, est facultatif pour l'entreprise. Pour Patrick Mollien, président de la tripartite du champagne *: « La chute des expéditions de près de - 20 % en valeur et l'inflation moyenne 2009 de + 0,1 % devraient conduire à une pause dans la revalorisation des barèmes de salaire pour 2010, sachant que le pouvoir d'achat des salariés des maisons a augmenté de plus de 18 % depuis 1990 alors que le temps de travail a diminué de 12,5 % (passage aux 35 heures). Malgré tout cela, les employeurs ont proposé une hausse des barèmes pour 2010 ». Les négociations se poursuivent. Une prochaine réunion est prévue fin mars 2010. Par ailleurs, Patrick Mollien explique que « d'autres réflexions sont en cours avec les organisations syndicales : l'une sur les métiers et les emplois de demain avec la création d'un observatoire ; l'autre sur l'actualisation de la convention collective du champagne. Les employeurs déplorent toutefois que plusieurs accords qui donnent satisfaction, en tout point, aux revendications syndicales n'aient pas été signés par les représentants syndicaux pour des raisons inexpliquées ». Et d'étayer ses dires : « Il s'agit d'un projet d'accord de doublement des indemnités de licenciement ou d'un projet de plan de retraite surcomplémentaire, etc. Chacun constituant un nouveau progrès pour les salariés des maisons dont la convention collective est une des plus favorables de France ».
Commission qui négocie les conventions collectives des maisons.

sophie claeys-pergament

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