Publié le mardi 06 avril 2010 à 09H41 - Vu 138 fois
Profils. La gestion, la santé et l'action sociale devant les métiers de l'innovation.
Reims n'est pas la dernière roue du chariot en matière d'emploi des cadres. Sur une agglomération de 212 000 habitants, ils représentent 7,7 % de l'emploi total. Lequel s'élève à 108 000 postes.
Dans leur jargon, l'Insee régional et l'Agence d'urbanisme rémoise - co-auteurs de cette étude - parlent des « cadres des fonctions métropolitaines » (CFM). Un quasi-lapsus, quand on sait que les cadres sont essentiellement localisés dans les métropoles. Si tant est que l'on puisse parler de métropole rémoise. Surtout dans une étude qui compare Reims à des agglomérations plus importantes comme Rouen ou Orléans.
Le Pays rémois souffre mieux la comparaison avec des agglomérations telles qu'Amiens (6,1 % de CFM), Le Havre (5,6 %) ou encore Troyes (5,5 %), qui représente un bassin de 92 000 emplois seulement.
Premier constat, au demeurant positif, l'agglo rémoise a vu le poids des cadres (CFM) dans les emplois passer de 5,2 % en 1982 à 7,7 % en 2006 (année de référence de cette étude). Mais, la hausse a été moins rapide qu'à Orléans (9,5 %) notamment.
En l'espace de quatre ans, la « fabrication » est repassée à la sixième place dans l'ordre des fonctions locales. En 1982, elle occupait la première place de ce podium, avec 18 % des emplois. En 25 ans, l'agglomération a perdu 7 000 emplois liés à la fabrication ! Dans le transport-logistique et le BTP, elle a maintenu ses effectifs.
Peu de fonctionnaires
L'emploi des cadres s'en ressent, avec une prédominance de la fonction de gestion, c'est-à-dire les chefs d'entreprise (plus de dix salariés), les métiers liés à des activités financières, à la banque et aux assurances.
Autre caractéristique rémoise, le poids des emplois liés à la santé et à l'action sociale (10 %). La présence d'un centre hospitalier universitaire « et, surtout, la moindre présence d'emplois publics peuvent expliquer cette singularité », justifie l'Insee.
Reims n'étant qu'une sous-préfecture, malgré sa taille, la fonction « administration publique » n'arrive, en effet, qu'en troisième position dans l'agglomération (Reims + les six communes de sa banlieue).
Si Reims se maintient dans la moyenne d'agglomérations comparables, elle pèche par son déficit dans les métiers de l'innovation. Il n'y a que 15 % de cadres métropolitains tournés vers la conception-recherche, le site agro-industriel de Bazancourt n'étant pas inclus dans ce périmètre. A Orléans, ils représentent 28,5 % de l'emploi-cadres, et 21,6 % à Caen. Or, la recherche est source de créations d'entreprises et de pépinières, a bien conscience Serge Pugeault, président de l'Agence d'urbanisme, de développement et de prospective de la région.
Dossier Dominique Herbemont
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