Publié le lundi 15 mars 2010 à 10H30 - Vu 400 fois
Dans la Marne comme ailleurs, le parti des vainqueurs au premier tour est celui des abstentionnistes, qui frôle les 60 % !
Bien moins d'un électeur sur deux s'est rendu aux urnes. C'est le premier enseignement d'un scrutin qui enregistre un tassement patent de la droite républicaine, dont la stratégie d'union ne paie pas vraiment même si un petit pourcentage a pu glisser vers un MoDem qui tutoie la barre des 5 %. Avec 31,20 %, le candidat UMP-NC, Jean-Luc Warsmann, ne retrouve pas le niveau que les deux listes UMP et UDF avaient obtenu en 2004 puisqu'elles voisinaient alors les 38 %. Son score est loin de ce qui était espéré par les siens.
Avec 29,28 %, le président sortant Jean-Paul Bachy pétille de bonheur puisqu'il peut compter pour le second tour sur les voix écologistes et une partie de celles de la gauche extrême et du MoDem. Ce qui, dans une triangulaire, lui garantit une victoire confortable dimanche prochain. On murmure que le champagne est déjà au frais. A moins que la majorité présidentielle ne réussisse entre les deux tours une mobilisation sans précédent et que la discipline ne manque à gauche, les jeux sont faits.
Châlons : dur à encaisser
Dans un contexte général, le plus plombé pour la droite depuis 1958, un retournement de situation est improbable.
Le FN, avec 16,06 %, accède à la troisième marche du podium alors qu'Europe Écologie déçoit en ne franchissant pas la barre des 10 %.
L'abstention gagne cette fois les zones rurales, signe qu'au blues des villes s'ajoute la désespérance des campagnes. A Épernay, où le maire, Franck Leroy, avait poussé une grosse colère pour ne pas avoir obtenu une position digne de son rang sur la liste de la majorité présidentielle, raison qui lui a fait jeter l'éponge, l'UMP est sanctionnée puisqu'elle n'obtient que 22 % de suffrages contre 26,4 % en 2004 et que le MoDem atteint, et c'est une surprise, 8 % dans une ville où, il est vrai, l'UDF obtenait 9,2 %, il y a six ans.
Même s'il passe de 22,2 % à 16,7 %, le FN reste fort dans cette cité du champagne où Jean-Paul Bachy peut se frotter les mains puisqu'il obtient 33 % là où il ne faisait que 28 % au scrutin précédent. Le président sortant arrive également en tête à Reims, à Vitry-le-François, à Sainte-Ménehould, à Sézanne, à Aÿ, à Fagnières, à Saint-Memmie mais se fait brûler la politesse par Warsmann à Mourmelon-le-Grand, où même le FN fait mieux que lui.
Dans la ville des Sacres, Adeline Hazan affiche un large sourire d'ange. Jean-Paul Bachy, qu'elle soutenait, arrive largement en tête avec 32,55 % des suffrages, la liste UMP-NC plafonnant à 27,24 % tandis que le FN, avec 13,21 %, se place avant Europe Écologie, à 12,05 %.
Déjà en 2004, Bachy menait le jeu au soir du premier dimanche avec 32,9 % mais l'addition UMP et UDF affichait 35,6 % ! Les écologistes progressent aussi. Les Verts n'avaient alors fait que 8,8 %, le FN se situant alors à 15 %. Toutefois, avec un taux d'abstention rémois de 66,35 %, soit 13 points de plus qu'en 2004, cela ne peut satisfaire personne.
A Châlons-en-Champagne, ville du secrétaire d'État Apparu, tête de liste départementale de l'UMP, Bachy, avec 34,98 %, devance la droite de plus de 5 points (29,14 %), le FN dépassant les 13 %. Un résultat qui, là aussi, est dur à encaisser et témoigne qu'il ne fait pas bon être membre du gouvernement en temps de crise.
H. Ch.
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