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Pourparlers d'antichambres

Publié le mardi 14 septembre 2010 à 09H16 - Vu 70 fois


En haut : François Cravoisier, Bernard Mary, Géraud Spire, trois prétendants pour la présidencede la CRCI. Stéphane Journaux, CGPME Marne, soutient le premier. Pierre Possémé, président régional du Medef promet qu’il se rangera derrière la position de son conseil d’administration.


Élections. Les CCI se préparent à la réforme, les listes se constituent, bon an, mal an.

Le monde consulaire n'a traditionnellement pas grand-chose de commun avec les vestiaires de foot. Il est assez rare que les clans s'y étripent avec la même fougue que les Bleus, la même recherche dans le vocabulaire imagé et autant de dextérité dans les mauvaises manières. On en est encore loin, mais l'effervescence qui anime les milieux patronaux à l'approche des prochaines élections est à considérer avec une échelle grossissante, tant le compromis a toujours été la règle, et la rivalité, l'exception. Cette année, les petites dissensions entre amis prennent un relief particulier car le planisphère consulaire va être bouleversé par la réforme. LA Réforme. Une réforme de taille, puisqu'elle aboutit à inverser la hiérarchie des chambres, à faire de la chambre régionale l'organe le plus puissant, à consolider les budgets, et à « filialiser » les chambres dites territoriales. La conséquence la plus visible, sur le plan des hommes, c'est de doter le futur président de la Chambre de commerce et d'industrie régionale (CCIR) des pouvoirs les plus étendus. Du moins sur le papier. Toujours sur le papier, ce président régional devra gérer, pour la Champagne-Ardenne, un budget avoisinant les 100 millions d'euros (si l'on additionne les budgets actuels des différentes chambres). Ce qui ne laisse pas les milieux politiques indifférents.
La constitution des listes ne se fait pas toujours dans la plus grande sérénité. Si Châlons, la Haute-Marne et l'Aube ont à peu près ficelé leurs équipes, ce n'est ni le cas de Reims-Epernay, ni de l'Aisne, ni des Ardennes. La difficulté tient au dosage des trois composantes : Medef, CGPME et UPA. Pour faire simple, le Medef estime avoir droit à 70 % des sièges, grosso-modo, eu égard à sa représentativité. La CGPME, elle, revendique 50 % des sièges. Quant à l'UPA, elle se satisfait généralement de un à trois sièges. Pour mettre d'accord le Medef et la CGPME, les chiffres ne sont pas un juge de paix, car le nombre d'adhérents ne veut pas dire grand-chose (et aucun des deux syndicats n'entend dévoiler le sien), de nombreux adhérents étant membres des deux organisations. Par ailleurs, l'industriel employant 2 000 personnes n'a pas le même poids que le boucher-charcutier de quartier. Quand bien même il vendrait les meilleures terrines du monde.
Michel Gobillot, à Châlons, Michel Auer, en Haute-Marne, et Dominique Lemelle, dans l'Aube, tous trois présidents sortants, se représentent, avec le soutien des trois organisations patronales. C'est donc qu'ils ont trouvé les bons dosages.

Sébastien Lacroix
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