Publié le jeudi 18 mars 2010 à 09H02 - Vu 227 fois
« Plysorol vivra », tel était le mot d'ordre des salariés lors d'une récente manifestation. Mais combien de temps l'entreprise peut-elle encore tenir dans cette situation ?
Deux industriels de la région veulent présenter un projet de reprise pour le site. Il y a urgence, disent-ils.
ILS attendent un signe, une décision qui tarde à venir. « Mais plus le temps passe, plus les projets de reprise potentiels vont se fragiliser », prévient Jérôme Delanoë, l'un de ces éventuels repreneurs de Plysorol Magenta. Une manière de rappeler à tous les décisionnaires dans ce dossier - le tribunal de commerce de Lisieux (Calvados) en tête - que l'état de grâce accordé à Guohua Zhang, l'industriel chinois qui a racheté la société en avril 2009, n'a que trop duré.
Pour Jérôme Delanoë, il s'agit même « d'une situation tout à fait anormale ». Le repreneur de Plysorol n'a, en effet, jamais tenu ses engagements et on lui reproche d'entretenir une certaine opacité autour des comptes de la société en particulier. Fournisseurs impayés, cotisations (Urssaf, mutuelle, retraite) en retard, des périodes de chômage partiel qui s'accumulent, « il faut prendre des décisions avant d'atteindre un point de non-retour », estime-t-il.
Autant dire qu'avec son partenaire, Gilles Devillers, Jérôme Delanoë entend bien présenter un projet de reprise, le moment venu. Des noms qui devraient être familiers aux salariés de Plysorol puisqu'ils s'étaient associés au Libanais John Bitar pour présenter un projet au début de l'année 2009, sans aller au bout de la démarche. « Le plan de départ n'était pas respecté, et John Bitar faisait entrer un actionnaire qui n'avait jamais été présenté », rappelle Jérôme Delanoë pour expliquer cette volte-face. Fin provisoire de l'histoire. Car le plan de départ, lui, n'a pas changé.
Restaurer la confiance
Les deux industriels ambitionnent toujours de reprendre le site de Magenta, et lui seul. « C'est un projet local, où il s'agit d'exploiter de la matière première locale, pour une filière locale. » Le peuplier reste donc la star du site sparnacien. Il faudra toutefois développer les compétences pour, dit-il, « utiliser 100 % de la matière première, et offrir un produit clé en main aux clients ». Mais avant de mettre en place un pôle de recherche et développement et de moderniser les installations - 12 à 15 M€ d'investissement dans l'outillage prévus sur trois ans - il faudra tout simplement relancer l'entreprise. Et restaurer la confiance, tant avec les salariés qu'avec les clients.
D'autre part, précise Jérôme Delanoë, « la société devra fonctionner dans une logique de PME qui doit acquérir son autonomie. Il faut tout de suite donner la responsabilité là où se fabrique le produit ».
Plysorol aurait donc encore de l'avenir, et de solides débouchés. Mais qu'en est-il de la masse salariale, préoccupation essentielle des employés de la société ? Pour le moment, Jérôme Delanoë n'apporte aucune réponse précise à cette question. « Je ne connais pas l'état du marché actuellement… » Tout dépend des volumes aujourd'hui transformés par les salariés. En deçà de 80 m3 par jour, il serait « très compliqué » de garder tout le monde. En attendant, un jugement rendu en référé vient de contraindre les dirigeants de Plysorol à fournir les documents comptables demandés par l'expert du CE. Une maigre victoire.
J.G.-A.
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