Publié le mardi 09 mars 2010 à 11H00 - Vu 95 fois
Actijuris Ardennes est le premier et l'unique cabinet à ce jour à être en S.E.L.A.R.L. Pierre Heckler
Il y a comme un air de nouvelles mœurs chez les huissiers de justice… Un peu moins de formalisme chez les jeunes, un peu plus de libéralisme dans leur exercice du métier. Et n'en déplaise à ceux qui se refusent à voir leur profession ressembler davantage à un grand supermarché des prestations juridiques, un esprit de commerce et d'entreprise gagne tout doucement la profession.
Philippe Hénon, huissier de justice à Sedan, se fait le porte-parole de cet état d'esprit plus libéral. « Notre nouveau statut de S.E.L.A.R.L., c'est un esprit plus commercial, un esprit avant-gardiste », dit-il. S.E.L.A.R.L. ? Kézako ? Société d'exercice libéral à responsablité limitée. Selon les statistiques de la Chambre nationale des huissiers de justice, elles ne sont que 62 en France au 1er janvier 2010, pour 1943 sociétés professionnelles d'huissiers sur tout le territoire français (individuelles, SCP et SEP). Le cabinet où travaille Philippe Hénon, Actjuris Ardennes, est le seul de ce type dans le département.
« Le phénomène se développe depuis la réforme de la carte de judiciaire mise en place par Rachida Dati », explique l'huissier. Pour l'heure, ceux qui ont franchi le Rubicon font figures de pionniers.
Séverine Dautremay, huissier de justice à Rethel, hésite, elle, à faire le pas. Elle envisage un regroupement avec un autre cabinet, mais s'interroge sur la forme juridique du rapprochement en vue. « A priori, les conseils de professionnels que j'ai rencontrés m'orientent vers la S.E.L.A.R.L.. Mon choix se fera, de façon un peu égoïste, sur le meilleur avantage fiscal », confie la jeune femme.
De son côté, Philippe Hénon est résolument convaincu par le statut. « On ne nous perçoit plus comme une profession poussiéreuse. Nos clients institutionnels ont davantage confiance. » Et de poursuivre : « Le statut nous permet de répondre de façon plus souple et plus rapide. » Le volume d'affaires ? Philippe Hénon tait le chiffre, mais il aurait augmenté. Et occasionné quelques fâcheries chez des collègues, à qui des clients ont été piqués. Avant la réforme de la carte judiciaire, la compétence juridique était circonscrite à l'arrondissement, multipliant les parts de gâteaux et de travail. « Aujourd'hui, les pourvoyeurs d'affaires peuvent n'avoir qu'un seul interlocuteur », explique Philippe Hénon.
Tanguy Pallaver
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