Publié le samedi 20 mars 2010 à 11H00 - Vu 51 fois
« On va vers la mort du village », estime Jean-Pierre Surugue, 62 ans, sculpteur sur bois et porte-parole des commerçants et artisans de Pargny.
EN deux jours, Jean-Pierre Surugue, 62 ans, sculpteur sur bois ordonné chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres, a recueilli 84 signatures. Des commerçants, des artisans et même des pompiers de Pargny-sur-Saulx. « Cela suffit à montrer le désarroi de la population », assure cet artiste installé depuis 22 ans dans ce village de près de 2.000 habitants, porte-parole des commerçants et artisans en colère.
À l'origine de la grogne : la disparition des pancartes signalant les commerces ( l'union du 12 mars). Ainsi depuis quatre mois, l'atelier d'art, les services techniques et les pompiers ne sont plus indiqués à l'angle de la rue Hannequin et de la rue Léon-Leroy. « La mort du village », selon Jean-Pierre Surugue. « Comme ils ne voient plus le panneau, les gens pensent que j'ai mis les clefs sous la porte, rappelle-t-il. Et ceux qui ne me connaissent pas, ne savent pas qu'un atelier d'art est ouvert ici. Dans ces conditions, comment voulez-vous que je travaille ? »
Dans nos colonnes, le maire de Pargny-sur-Saulx, Roland Leclere, avait déclaré qu'une réflexion était en cours sur la signalétique des commerces et artisans de la commune. « Je veux qu'elle devienne la même pour tout le monde. » Il avait annoncé la pose de nouvelles pancartes « soit cette année, soit l'année prochaine », en fonction des devis. Il avait profité d'une réunion sur la redynamisation du commerce pargnysien pour dévoiler son projet. Seuls 7 commerçants et artisans avaient répondu à l'appel.
« Il nous sanctionne ! »
Dans la lettre de contestation annexée à la pétition, le porte-parole des commerçants et artisans se demande « pourquoi le maire n'a pas laissé les panneaux en place en attendant la réalisation de son projet ». Jean-Pierre Surugue dénonce d'une manière générale l'attitude du premier magistrat de la commune. Il pointe du doigt son « comportement d'intimidation auprès de la population ». « C'est le seigneur sur son royaume, estime-t-il. Nous, nous sommes les petites gens, nous ne devons rien dire. Nous devons lui obéir. Et si nous ne sommes pas contents, il nous sanctionne ! »
Le sculpteur raconte qu'il a sollicité à six reprises Roland Leclere pour qu'il remette les pancartes « Atelier d'art » à l'angle de la rue Hannequin et de la rue Léon-Leroy. « Il m'a répondu : si tu remets tes pancartes, je t'aviserai devant les tribunaux. Je suis le maître et le patron de cette commune, je n'ai d'ordre à recevoir de quiconque (…) ».
Le maire de Pargny-sur-Saulx, lui, avoue ne « pas être au courant » de la pétition qui a circulé parmi les commerçants et artisans du village. « Une nouvelle signalétique sera bien mise en place. Mais un budget, ça se prépare, explique-t-il. Ma priorité, c'est le dialogue. C'est pourquoi, j'ai organisé une réunion il y a quelques semaines pour que les commerçants et artisans puissent s'exprimer. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait, au lieu de signer une pétition ? Ce procédé, je ne le cautionne pas du tout… ».
La lettre de contestation et les 84 signatures ont été envoyées hier au président de la République ; au Premier ministre ; au secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des petites et moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services ; au ministre de la Culture et de la Communication ; au député Charles de Courson, au préfet et au sous-préfet de l'arrondissement vitryat. À suivre…
Stéphanie GRUSS
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