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NOUZONVILLE Société Raguet : trois repreneurs potentiels

Publié le samedi 12 juin 2010 à 10H00 - Vu 153 fois


Les salariés de Raguet ont de quoi être inquiets : 32 à 92 licenciements pourraient survenir après la décision du tribunal de commerce en juillet.

Les salariés de Raguet ont de quoi être inquiets : 32 à 92 licenciements pourraient survenir après la décision du tribunal de commerce en juillet.


MISE en redressement judiciaire depuis le 5 février 2009, l'entreprise Raguet implantée sur deux sites de production à Monthermé et Bogny-sur-Meuse reste en sursis jusqu'au 8 juillet, date limite de la période d'observation accordée à ses dirigeants pour trouver une solution de sauvetage de l'outil de travail et des 117 emplois actuels.
Cela passe par la quête d'un repreneur suffisamment solide pour assurer la pérennité de cette institution industrielle (130 ans d'âge !) et le maintien d'un maximum d'emplois.
Le tribunal de commerce de Sedan devra alors faire son choix entre trois investisseurs potentiels en décidant de la suite à donner à ce lourd dossier social.
Réduction conséquente de l'effectif
A ce jour, les trois repreneurs s'étant mis sur les rangs sont Farinia qui possède déjà une filiale, Estamfor, à Hautes-Rivières, Forgex-France et un nouveau venu Azimuth.
Déjà présent sur neuf sites de production et employant 1.100 personnes, le groupe Farinia, spécialisé dans la transformation de matériaux (fonderie, forge et usinages) est devenu en mars 2009 le principal forgeron français en procédant au rachat de Setforge (400 personnes sur quatre lieux géographiques).
Pour financer ce rachat (15 millions d'euros), Farinia avait d'ailleurs bénéficié de l'entrée dans son capital, à hauteur de 20 millions d'euros, du Fonds stratégique d'investissement (FSI).
Sur le dossier Raguet, Farinia serait le moins généreux puisqu'il ignorerait le site de Monthermé pour garder seulement 25 emplois à Bogny-sur-Meuse.
Ayant son siège à Nogent (Haute-Marne), la SAS Forgex France dirigée par Dominique Lemaire et employant 76 salariés est elle aussi candidate. Entreprise de forge, estampage d'aciers et métaux, matriçage, ferronnerie et métallurgie des poudres, l'unité haut-marnaise créée en 1957 présente peut-être le handicap d'être en situation de redressement judiciaire depuis le 5 juillet 2007.
Elle propose pourtant la sauvegarde de 85 des 117 emplois actuels. « Mais avec une modification des contrats de travail aboutissant à une perte de salaire pour la totalité des employés » notent les délégués syndicaux.
S'est aussi positionnée depuis quelques semaines la société holding Azimuth, basée à Avignon. Son patron, Pierre Nicolau Guillaumet qui rachète les entreprises en difficulté reste sur trois réussites incontestables en ayant remis d'aplomb Maçon Marines (60 salariés) à Saint-Denis-lès-Sens dans l'Yonne, « La Mécanique Deville » (37 personnes) à Aurec-sur-Loire et « Marine service », un chantier de réparation navale situé à La Turballe près de Nantes (15 employés). Azimut prévoit de continuer l'activité de Raguet avec 74 salariés sans changement des contrats de travail.
Avisés de ces trois projets, Alain Bernard, le maire de Monthermé, et Erik Pilardeau, maire de Bogny-sur-Meuse et conseiller général, rappellent que dans un secteur déjà lourdement touché par la crise, « il est vital d'étudier avec précision la solidité des offres pour éviter de tomber dans les bras d'entrepreneurs ou groupes financiers voyous seulement intéressés par les clients et les machines des entreprises mal en point ».
Raguet avait déjà perdu 65 membres de son effectif (25 licenciements et 40 départs volontaires) en octobre 2009.
Pascal REMY

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