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L'ex-employée de charcuterie est devenue exploitante de la Table du pays

Publié le lundi 26 décembre 2011 à 12H00 - Vu 150 fois


Marie-Jo Briard : « Si j'en suis là aujourd'hui, c'est parce que j'ai commencé à travailler en charcuterie où j'ai pu mesurer la réputation de nos produits artisanaux ».

Marie-Jo Briard : « Si j'en suis là aujourd'hui, c'est parce que j'ai commencé à travailler en charcuterie où j'ai pu mesurer la réputation de nos produits artisanaux ».


HARGNIES (Ardennes) Au pays de la charcuterie artisanale (4 pour 500 habitants), Marie-Joseph Briard s'est lancée en 1996 et à 42 ans dans la restauration. Pari réussi.

«A l'époque, j'étais encore vendeuse et aide-laboratoire à la charcuterie Thibaux. Au contact des clients, j'entendais souvent les gens de passage demander s'il existait sur place un endroit pour manger. A l'époque, entre Monthermé et Vireux, il y avait 28 kilomètres sur la route touristique Rimbaud-Verlaine sans la moindre table pour se restaurer. » Au décès de son père, « Marie-Jo » qui hérite alors de la maison familiale, rue des Gros Chênes au bord du CD 989, va s'attacher à combler ce manque criant. Tout en s'émancipant.
« J'ai ficelé mon projet, commencé à penser aux menus en voulant privilégier les recettes ardennaises et les produits de saison : cèpes, myrtilles, poires, pommes et gibier. J'avais déjà l'idée de mijoter des plats rustiques et bien de chez nous : la salade au lard, le filet de dinde rouge à la crème, le lapin à la goutte d'Hargnies, les lasagnes au boudin blanc, le chausson de pied de porc à l'ardennaise… »

« Ici, ça mijote à l'ancienne… »
Mais pour démarrer son affaire, l'Harnicote - « Je suis moi aussi un produit du terroir » - a dû se montrer très opiniâtre face aux esprits chagrins. D'emblée, sa banque lui refuse, en effet, un prêt de 45.000 euros sous prétexte « qu'on ne crée pas un restaurant dans une région où le taux de chômage dépasse de très loin la moyenne nationale ». Avec l'appui du maire de l'époque, Michel Hubert, elle refait son dossier, monte à nouveau au créneau et obtient gain de cause en hypothéquant tout de même une partie de ses biens personnels. Elle rase alors le garage de sa demeure pour y édifier une pièce de 60 m2 et installer une dizaine de places, isolées entre des pans de vieux lits.
L'auberge « La Table du Pays » ouvre ses portes le 23 mars 1997. « Notre prévisionnel était basé sur huit couverts par jour mais on a très vite tourné à 25 couverts de moyenne. La clientèle est composée de salariés de l'ONF, d'EDF, de plusieurs entreprises du secteur, de représentants, de chasseurs, de touristes et de nombreux Belges qui apprécient le vin et le fromage français. »


Au fil du temps, Marie-Jo, sa serveuse Malika, et son compagnon, Denis, ont amélioré l'ordinaire avec la création d'une terrasse, l'agrandissement de la salle de restaurant et la création à proximité de la cuisine de trois jardins aromatiques (menthe, sauge, sarriette, thym, céleris, estragon…) et de légumes où le chef puise ses ingrédients. « J'ai à portée de main de quoi donner de la couleur dans les assiettes. »
Autodidacte, la « patronne », qui cuisine au feu de bois, puise pour satisfaire les fins gourmets dans les souvenirs de sa mère et de sa grand-mère ainsi que dans sa bible : « 365 recettes du pays d'Ardenne » de Lise Bésème-Pia. Elle sait aussi se transformer en guide touristique pour conseiller les gens qui veulent découvrir les Ardennes.
Bref, Marie-Jo apprécie sa nouvelle existence. « Il y a quinze ans, j'étais sûrement la seule à y croire. Mais l'expérience a montré que je ne m'étais pas trompée. Je tire beaucoup de plaisir à faire ce métier. Je me lève le matin comme un ressort et je ne suis jamais à court d'idées dans la confection des menus. En plus, beaucoup de mes clients sont devenus des amis. Je n'éprouve donc aucun regret. Elle est pas belle, ma nouvelle vie ? »
La fidélité de ses convives et la future montée en puissance de la maison du Parc naturel régional, qui a son siège social dans le village, vont même permettre, en 2012, une nouvelle extension de l'établissement. Cette auberge fait décidément recette…

 

Pascal REMY
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politinco

29/12/2011 à 17h48

voilà un bel exemple de persévérance et de courage. Bravo Marie-Jo et merci pour la pointe !!

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