Publié le mardi 23 mars 2010 à 09H36 - Vu 78 fois
En ouvrant le débat de manière provocatrice, le CJD veut dénoncer des mauvaises pratiques de certains dirigeants et promouvoir une « libéralisme responsable ».
Le Centre des jeunes dirigeants de la Marne ouvre le débat
« Connards de patrons » : vous avez bien lu, il s'agit du thème tout à fait officiel de la réunion plénière « prestige » (donc ouverte au grand public) organisée par le Centre des jeunes dirigeants d'entreprise (CJD) de la Marne, ce mercredi, à la Comédie de Reims.
Ce club, composé dans le département d'une quarantaine de créateurs d'entreprise, d'artisans, de professions libérales et de cadres dirigeants, entend gentiment provoquer son auditoire ou piquer la curiosité de certains.
Le Centre des jeunes dirigeants veut rompre aussi avec des entrées en matière trop souvent convenues et langue de bois lorsqu'il s'agit de parler management dans les sphères patronales.
« Le CJD n'est pas un syndicat, n'est lié à aucun parti et il est indépendant financièrement. Nous n'avons de comptes à rendre à personne et nous avons toujours revendiqué notre libérté de penser et voulu jouer le rôle d'aiguillon », précise Nabil Sbaï, président marnais et patron des boulangeries « La Case à Pain ».
Pourquoi lancer le terme de « connard » en pâture ? « Nous voulons dénoncer les mauvaises pratiques de certains dirigeants d'entreprises qui ne correspondent pas aux valeurs que défend le CJD depuis plus de soixante-dix ans. Il ne se passe pas une journée sans que les médias n'évoquent les parachutes dorés, les stocks-options des grands patrons, les faux licenciements pour cause de crise, les séquestrations, le harcèlement moral… Cela ne nous convient pas. »
Des improvisations d'acteurs
Le CJD milite pour un « libéralisme responsable ». « Une entreprise doit avoir une performance globale, donc pas seulement économique mais aussi sociale, environnementale et sociétale, précise Nabil Sbaï. C'est pourquoi, lorsqu'elle s'inscrit dans un territoire, elle ne doit pas s'intéresser qu'à son propre profit mais penser qu'elle est là aussi pour faire vivre ce territoire. Pour cela, elle doit travailler en partenariat avec les communes. […] Le rapport entre le dirigeant et les salariés ne doit pas être que hiérarchique. Le dirigeant doit construire un projet avec eux, les faire grandir dans l'entreprise et même travailler à améliorer leur employabilité. »
Mercredi soir, Olivier Torres, maître de conférence à l'université Montpellier III, ouvrira les discussions en abordant le thème de la soirée sous les angles économique, environnemental, sociétal et « RH ». Pour ponctuer le débat avec le public, une troupe de théâtre improvisera des saynètes. Interviendra également Michel Meunier, vice-président et futur président national du CJD.
En 2007, le CJD avait ouvert le débat de façon originale en invitant un groupe de musiciens à illustrer la nécessité pour les membres d'une entreprise de jouer non pas chacun leur meilleure partition mais d'interpréter ensemble un même morceau.
Mercredi 23 mars, à partir de 19 heures, à la Comédie de Reims. Réservation : www.cjd-champagne-ardenne.com Prix : 25 euros (paiement possible sur place).
Julien Bouillé
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