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Le Soleil d'or » baisse le rideau

Publié le vendredi 10 août 2012 à 10H53 - Vu 74 fois


Isabelle et Alain Blaizot ont fermé leur café  à la mi-juillet  en raison  du manque de clients et de la baisse du chiffre d'affaires.  Ils comptent le transformer en appartements qu'ils mettront en location.

Isabelle et Alain Blaizot ont fermé leur café à la mi-juillet en raison du manque de clients et de la baisse du chiffre d'affaires. Ils comptent le transformer en appartements qu'ils mettront en location.


Après dix-neuf ans derrière le comptoir, les époux Blaizot ont fermé leur café à la mi-juillet. Beine-Nauroy perd une institution pour ses habitants, un lieu convivial et chaleureux.

ELLE le tenait de ses parents, René et Suzette Quentinet, qui l'avait acheté en 1963 et fait tourné durant trente ans. Puis Isabelle Blaizot et son mari, Alain, avaient repris le bar-tabac en 1993, l'exploitant dix-neuf ans durant.
C'est dire comme les époux Blaizot ont baissé le rideau et décroché la carotte de leur « Soleil d'or » la mort dans l'âme, le 20 juillet dernier, après dix neuf ans derrière le comptoir à servir des petits noirs et vendre des journaux, jeux de grattage et du tabac aux gens de passage et aux habitués.
Mais depuis une petite quinzaine d'années, l'affaire périclitait. « Tout a commencé par les travaux de canalisations de 1997 dans la rue principale de Beine-Nauroy, qui ont duré plusieurs mois », racontent les ex-commerçants. La clientèle de passage s'est raréfiée et les autres ont modifié leurs habitudes.
Puis les temps et les mœurs ont progressivement changé. « Les jeunes ne viennent plus ici. Ils préfèrent prendre un verre place d'Erlon et profiter des ''open bar''. Le baby-foot et le flipper, c'est de l'histoire ancienne. Il n'y a plus la convivialité d'avant. Quand les anciens venaient jouer à la belote. Maintenant, on se donne rendez-vous sur Facebook, on ne se rencontre plus au café. »
La multiplication des contrôles routiers a aussi eu des effets sur le bar-tabac. « Aujourd'hui, les gens ont peur de perdre leur permis et donc leur boulot. Les routiers ne s'arrêtent plus dans les bistrots. »
Les « semis » de la déchetterie de Beine-Nauroy ne passent plus par le centre du village et donc par le café et la crise économique et ses conséquences ont terminé de convaincre le couple de mettre la clé sous la porte. « Nous avons, là encore, perdu une partie de notre clientèle. Tenez, par exemple, le patron de Bosal (l'équipementier automobile qui a fermé, NDLR) venait prendre son café ici. »
Pour couronner le tout, la hausse du prix des cigarettes n'a rien arrangé à leurs affaires. « À présent, les gens se ravitaillent à l'étranger ou sur internet. Rien qu'entre les mois de janvier et de juin, on a perdu 47 000 euros. Soit 50 % de notre chiffre d'affaires sur ce poste. »
Plutôt que de travailler d'arrache-pied pour seulement un Smic, les Blaizot ont préféré fermer boutique. « C'est triste, ça n'a pas été facile pour Isabelle, mais c'est bien mieux que d'attendre de s'endetter. Que voulez-vous faire ? Beine-Nauroy est un village dortoir. »
D'ailleurs, il ne reste plus qu'un boulanger pour tout commerce dans cette commune d'un peu plus de mille habitants.
Quant au devenir du tabac ? « Nous allons en faire des appartements à louer », révèlent Isabelle et Alain. Monsieur, vendeur de portes automatiques, a déjà un autre métier. Quant à Madame ? Elle pense déjà à sa reconversion. « Dans le secrétariat ou le commerce par exemple. Mais en contact avec les gens ! »

Lélia BALAIRE

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