Publié le mardi 23 mars 2010 à 10H26 - Vu 310 fois
En dessous de 12 mètres, une simple déclaration de travaux suffit pour ériger une éolienne dans son jardin. DR
Energie. Weole Energy s'implante dans la région et tente de convaincre les particuliers
Que cela plaise ou non, les éoliennes font désormais partie du paysage régional. Mais produire de l'énergie avec du vent ne doit pas être réservé aux grandes compagnies et aux zones de développement éolien définies par les préfectures. C'est du moins ce que pense Weole Energy, un spécialiste français du « petit éolien » qui s'implante commercialement dans la région.
L'idée est tout simplement d'installer une petite éolienne au bout de son jardin. Pourvu que l'animal ne dépasse pas les 12 mètres, le projet n'est pas soumis à l'obtention d'un permis de construire ou à une quelconque autorisation administrative. Une simple déclaration de travaux suffit. Pas plus compliqué que pour poser une lucarne dans son grenier.
Fondé en 2007 par quatre ingénieurs de Supelec, Weole Energy propose donc une alternative au photovoltaïque domestique. Mais le problème avec l'éolien à l'échelle privée, c'est que la loi n'oblige pas EDF à racheter la production. Il n'y a pas de tarif de rachat garanti. Pour parer à cela, Weole Energy a conclu un partenariat avec Direct Énergie, principal concurrent d'EDF, pour permettre le rachat du surplus de production domestique à 8 centimes du kilowatt/heure, équivalent au prix de rachat des grandes éoliennes. « Lorsque vous produisez plus que ses besoins, vous revendez à Direct Énergie. Et quand il n'y a pas de vent et que vous consommez, vous reprenez au réseau ce que vous lui avez donné », indique Michel Galligo, président de la société.
Rachat du surplus à 8 centimes du kilowatt/heure
Weole Energy estime que pour un bon équilibre économique, il faut couvrir avec l'éolien 70 % de sa consommation. « Pour la consommation classique d'une maison à la campagne, qui est d'environ 10 000 kilowatts/heure par an, une éolienne de 5 kilowatts correctement ventée est parfaitement suffisante. » Un tel petit joujou facturé 29 000 €, moins 8 000 € de crédits d'impôt, s'amortirait sur une dizaine d'années « en tenant compte de l'augmentation du prix de l'électricité », précise M. Galligo.
Quel avantage par rapport aux panneaux solaires ? On devine bien sûr de quel côté penche la balance pour Michel Galligo. « Pour la même somme investie, le photovoltaïque a un rendement cinq fois inférieur à l'éolienne. Par contre, son électricité peut être revendue très cher, car elle est ultra-subventionnée (NDLR : de 31,4 à 58 centimes du kilowatt/heure). Alors que pour le petit éolien, le prix de rachat est bas. Enfin, il y a la philosophie du système. Avec le photovoltaïque, on ne consomme pas l'énergie qu'on produit, on la revend pour racheter du nucléaire. Dans le petit éolien, on consomme en priorité l'électricité de son éolienne, ce qui est plus écologique. »
La start-up a fait 2 millions de chiffre d'affaires l'an passé et compte atteindre 5 à 10 millions cette année.
Dans la région, elle va bientôt créer un site pilote dans une ferme de Bouvancourt (Marne). Il sera doté d'une éolienne de 11,50 mètres d'une capacité de 10 kilowatts, soit une production estimée à un peu moins de 20 000 kilowatts/heure par an.
Julien Bouillé
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