Publié le dimanche 20 novembre 2011 à 12H18 - Vu 707 fois
Pas bio pour rien : un mouchoir blanc placé plusieurs minutes devant le pot d'échappement reste blanc.
REIMS (Marne). À partir de lundi, Transdev Reims teste un bus qui roule sans une goutte de pétrole. Il carbure aux restes de l'exploitation de la vigne. So Rémois !
À Reims, même les bus roulent au champagne. Le slogan est sympa mais pas tout à fait vrai. Ni tout à fait faux.
À partir de lundi, Transdev lâche, sur le réseau, un bus qui va rouler au carburant bio. Il sera alimenté par de l'éthanol fabriqué à base de déchets des filières viti et vinicoles. Soit les restes de raisin, de branchages et autres feuillages. « Il s'agit d'un carburant qui n'est pas encore commercialisé. Il existe déjà en Suède mais avec d'autres types de résidus agricoles », précise Eric Omnès, directeur commercial de Transdev Reims.
Décidément attachée à l'innovation, la compagnie de transport rémoise va tester le nouveau carburant pendant trois mois : « Le but est d'observer sur une bonne durée la consommation du bus, son comportement au moment des accélérations, la souplesse de conduite etc. ». En fonction de tous ces paramètres, décision sera prise dans un avenir encore indéterminé de généraliser le carburant sur les réseaux urbains : « Le carburant, s'il est fabriqué pour une seule ville, coûtera plus cher que le gasoil mais si de nombreuses agglomérations l'adoptent, son coût baissera. Il est déjà prouvé que sa production à grande échelle coûterait moins cher que le carburant à base de pétrole. Après, tout dépend aussi des taxes que le gouvernement mettra derrière », souligne Jean-Frédérique Roquelet, responsable de la maintenance chez Transdev.
Lignes 13 et 14
Peut-être moins cher, ce carburant, et surtout moins polluant. Un mouchoir blanc placé plusieurs minutes contre le pot d'échappement reste immaculé à l'œil nu.
On n'obtiendra pas les secrets de fabrication : « La matière première provient de notre région. Elle est ensuite traitée, dépolluée puis recyclée à 99 % en partie en éthanol par une coopérative de distillation en Ardèche, membre du groupe Raisinor France ».
Le bus élu pour mener le test ne ressemble pas à ceux qu'on prend tous les jours. Il a été adapté et décoré expressément pour l'expérimentation. « Le constructeur nous le met à disposition gratuitement. » Transdev l'a illustré avec le même adhésif que celui qui colore les trams et les bus classiques mais en ajoutant des motifs. « On a voulu représenter les principaux monuments rémois. » Il y a aussi des fleurs et un ciel bleu pour bien insister sur le côté bio et non polluant.
Il faudra emprunter les lignes 13 ou 14 pour espérer monter dedans : « Il s'agit de deux lignes de rocade qui font Saint-Brice, gare TGV via Tinqueux et, pour l'autre, Bétheny, Tinqueux via Neufchâtel. Nous avons choisi ces lignes car le bus n'est pas équipé pour l'hyper-centre. Il lui manque la pédale de détresse et le système de localisation en temps réel ». On ne le verra donc pas se pavaner rue Libergier. Dommage, il aurait pu assainir un peu l'air.
Catherine FREY
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