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Le bois manque de filière

Publié le mardi 11 mai 2010 à 09H50 - Vu 18 fois


L'exportation correspond à la moitié des volumes exploités dans la région.              Christian LANTENOIS

L'exportation correspond à la moitié des volumes exploités dans la région. Christian LANTENOIS


Marché. Des exportations trop axées sur de faibles valeurs ajoutées.

« La valeur ajoutée échappe aux pays producteurs. Il est temps que l'on se réveille », a lancé Jean-Michel Cussey, président de Valeur Bois en ouvrant la 10e Semaine du bois en Champagne-Ardenne. « En 2009, 40 % des objets en bois ont été fabriqués en Chine. » Les Russes l'ont bien compris, en frappant de lourdes taxes douanières les exportations de grumes à faible valeur ajoutée.
Dans une autre logique, les Brésiliens se sont engagés sur des productions de bois à très haut rendement (jusqu'à 70 m3 par an à l'ha). Quitte à réduire à néant la biodiversité, en lessivant les sols.
Entre ces extrêmes, la France défend un modèle de protection vertueux de ses forêts, que les exploitants forestiers présents au débat d'ouverture jugent néanmoins contraignant. Trop de réglementations jusque dans les poussières de bois, qui vont au-delà de ce que les concurrents allemands tolèrent. Et trop de taxes venant en distorsion de concurrence, se plaignent les professionnels qui rappellent que la compétitivité est le premier critère transposé dans les prix du marché.

Trop de charges et de réglementations, selon les exploitants

Après une période de récession mondiale, tant en production qu'en consommation, le moment est pourtant revenu de songer à exporter. D'Ubi France à Oséo, en passant par le conseil régional, la CRCI et la Coface, les aides financières et les conseils ne manquent pas. Encore qu'il vaille mieux s'affranchir des subventions, dès lors que l'Etat cherche à se désengager, recommande le secrétaire de la Compagnie des ingénieurs et des experts forestiers.
Avec 65 millions de m3 de bois exploités, sur un potentiel de 136 millions par an, la France ne manque pas de ressources forestières. Et la Champagne-Ardenne est bien classée, avec 27 % de son territoire en feuillus. Mais la moitié des bois ronds qu'elle exporte sont des grumes de moindre valeur ajoutée. « L'exportation devrait s'envisager sur des produits finis », plaide le représentant du Conseil régional. Un vœu pieux, a priori, tant que la filière bois ne sera pas mieux structurée. Il y a aussi pas mal d'emplois à la clé et des enjeux industriels que vient illustrer l'avenir de Plysorol, à Magenta.

Dominique Herbemont

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