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La luzerne, le bon élève de l'agriculture

Publié le mardi 06 avril 2010 à 09H51 - Vu 107 fois


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La filière luzerne est devenue une filière dynamique en matière de développement durable.

La filière luzerne est devenue une filière dynamique en matière de développement durable.



En péril, menacée, coûteuse, pollueuse, la luzerne n'en menait pas large il y a encore quelques années. Une remise en cause sur le fond et la forme a fait évoluer la filière. Qui est aujourd'hui la première filière agricole à recevoir l'agrément du ministère de l'Écologie pour recevoir des Unités de réduction des émissions de CO2. Ainsi 650 000 tonnes de CO2 pourront ainsi être valorisées au prix de 10,5 €/t pour un montant total de 6 825 000 €.
Cet agrément est une traduction française du protocole de Kyoto qui a installé un système de quotas de C02 pour les grands émetteurs mondiaux. « Il s'agit d'un projet domestique pour encourager les économies d'énergie », explique Denis Le Chatelier, chargé de mission pour Coop de France Déshydratation. L'État favorise ainsi des efforts de réduction d'émissions réalisés par des acteurs économiques ou des collectivités. « C'est le cas de Coop de France Déshydratation engagée dans une démarche volontaire depuis plusieurs années. Cet agrément est le premier en France dans le secteur agricole par la caisse des Dépôts, opérateur du dispositif. » Une fierté. Toutefois l'enjeu est important. La luzerne est une filière énergivore. Le produit humide doit être transformé en produit sec. Cela passe par une phase de séchage puis de déshydratation. Le séchage passant par la dépense d'énergie. D'autres orientations ont été prises d'une part, avec le préfanage au champ qui consiste à étaler la luzerne fauchée pour un premier séchage au soleil pendant quelques heures. Ce préfanage permet de faire baisser le taux d'humidité de 3,5 % ce qui induit en amont des économies d'énergie de prés de 20 %. Le préfanage nécessite en revanche une manipulation supplémentaire au champ et une augmentation des coûts de main-d'œuvre (10 % d'employés supplémentaires en 2009). D'autre part avec la substitution de biomasse aux énergies fossiles. La biomasse (plaquettes forestières, miscanthus, divers déchets végétaux) est incorporée partiellement ou en totalité dans les fours de séchage. Vingt-et-une usines de déshydratation sur vingt-six en France utilisent déjà de la biomasse en substitution partielle ou totale. « Cela représente beaucoup d'investissements et surtout de recherche. Grâce à LRD, nous avons pu concevoir des machines et des systèmes qui n'existaient pas jusque-là. » L'agrément reçu est soumis à l'obligation d'apporter tous les ans la preuve des économies effectivement réalisées, attestée par un organisme certificateur, en l'occurrence Véritas.
L'agrément du ministère de l'Écologie validé par le ministère des Finances porte sur 650 000 tonnes.
Les crédits correspondants, pour une valeur unitaire contractuelle de 10,5 €/t, seront vendus à la Caisse des Dépôts pour 80 % et pour 20 % à l'électricien allemand RWE pour ses propres besoins de quotas carbone. Il n'y a donc pas de décaissement de l'État. « Cet accord fait trois gagnants : la planète, la filière luzerne qui peut ainsi financer les investissements nécessaires et la Caisse de Dépôts qui perçoit une Commission sur les quotas. »

Sophie Claeys-Pergament

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