Publié le mardi 31 janvier 2012 à 12H00 - Vu 172 fois
La Grande Dame de 1962 à 1985, et sa forme actuelle.
Cuvée. Un des plus emblématiques flacons de la Champagne sort son millésime 2004.
Quand elle est habillée par Emilio Pucci, elle révèle une certaine audace. La Grande Dame, qui en abréviation se nomme « LGD », peut-être considérée comme la danseuse de Veuve-Clicquot. Un caprice de chef de caves pour le plus grand bonheur des amateurs.
« Ciseler l'assemblage pour obtenir un bijou »
À l'origine, ce caprice est lié au bicentenaire de l'anniversaire de la création de la maison Veuve Clicquot qui a été célébré en 1972. Le nom de la cuvée est une évidence, il rend hommage à « la grande dame de la Champagne ». C'est Jean Boureux, chef de caves de la maison à l'époque qui fut chargé de son élaboration. « C'est le millésime 1962 qui sera choisi pour fêter l'événement. » Il ne sera commercialisé qu'en très petite quantité. « J'ai eu la chance de rencontrer un sommelier dans un restaurant en Italie qui en possédait un dans sa cave », raconte Dominique Demarville, l'actuel chef de caves. C'est le millésime 1966 qui marque réellement la diffusion du flacon dans le monde. À l'époque la forme de la bouteille est très différente. Un collector. Elle évoluera en 1985 pour laisser place à ses rondeurs actuelles. « En 1985, elle a bénéficié d'un tirage dans les deux modèles. »
Cette petite production (environ 350 000 bouteilles) est, pour Dominique Demarville, « la recherche de l'expression ultime du style Veuve-Clicquot. Avec un pinot noir, le cépage fétiche de la marque. On joue ce pinot noir dans la fraîcheur et dans sa féminité. Ainsi nous allons ciseler l'assemblage afin de le façonner pour obtenir un bijou qui doit apporter de l'élégance et de la pureté. »
L'assemblage est composé de huit Grands crus : cinq provenant des terroirs de Verzy, Verzenay, Bouzy, Ambonnay et Aÿ, trois autres du Mesnil-sur-Oger, Avize et Oger.
Le millésime 2004 vient de sortir. Juste après le 1998. Veuve-Clicquot fait l'impasse sur le 2002. Une explication à cela donnée par Dominique Demarville : « D'une part, nous recherchons de la finesse et du minéral pour La Grande Dame, le 2002 est très puissant presque opulent, il est parfait pour nos millésimes. D'autre part, en 2002, nous subissions le contrecoup de la crise de 2000 en Champagne. Il nous restait encore en caves des Grandes Dames 1993, 1995, 1996 et 1998. »
Dans une grande sagesse, les décideurs de l'époque n'ont pas souhaité agrandir les stocks. « Nous sommes très satisfaits du potentiel de garde du 2004. Je pense qu'il se rapproche du 1988. » Une belle année qui est également celle du lancement de La Grande Dame rosé. Celle-ci élaborée par Cyril Brun, œnologue-maison est élaborée grâce au pinot noir du Clos Colin à Bouzy. « C'est une micro-parcelle atypique. Sur cette parcelle, tout est plus puissant, fruité et coloré qu'ailleurs. » Là aussi la production n'est pas très grande : « Comme la volumétrie en rouge est de 15 % dans l'assemblage, nous dépendons énormément des rendements. »
En termes de marchés, cette cuvée est particulièrement appréciée par les Français, les Japonais et les Américains. « Elle représentait le seul vin français en 1986 lors du dîner célébrant le centenaire de la Statue de la Liberté à New York. »
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