La cueillette prend l'eau

La cueillette prend l'eau

Publié le mardi 26 juin 2012 à 11H00 - Vu 308 fois

La vente en libre cueillette est entamée cette année par les nombreuses précipitations. Quand il pleut, les fruits ont beau être murs, les gens ne viennent pas.

LA FENÊTRE de tir est limitée pour les amateurs de cueillette de fruits et légumes, dont la saison a démarré voilà près d'un mois. Lorsqu'il ne pleut pas, c'est-à-dire un jour sur deux, voire sur trois, ceux-ci font le chemin inverse des escargots et se rendent dans ces champs mis à disposition par des agriculteurs.
Vendredi, quelques nuages menaçaient Cueillette plein champ, entreprise semée à Acy-le-Haut en 2000 par les associés Jean-Baptiste Gomot et Thierry Fouillard. Mais pas de pluie, alors ils étaient nombreux à ramener leur pomme pour cueillir des fraises, framboises, groseilles et cassis. « Qui dit pluie dit pas de clients, mais dès qu'il faut beau, ça turbine », observe Jean-Baptiste Gomot. Ils viennent d'autant plus que « cette année, on n'a pas de fruits dans les jardins, ni cerises, ni prunes », regrette Chantal, venue avec sa fille Séverine cueillir des fraises. Elles viennent tous les trois ou quatre jours recharger les batteries.
La saison est courte à Acy. Elle ne dure que le temps des fruits rouges, soit cinq semaines, dans le meilleur des cas. Forcément, cette année sera moins bonne qu'en 2011, même si « ce n'est pas dû à la production », souligne M. Gomot. « L'an dernier, on avait eu du soleil sans eau. Cette année on a beaucoup d'eau sans soleil. Heureusement que les températures sont basses, sans quoi les fraises pourraient pourrir. »
Ni la qualité des fraises ni leur rendement n'ont été entamés par cette météo maussade, même si elles sont moins sucrées que l'an dernier. Comme nous, les fraises sont meilleures quand elles prennent le soleil.
Les cerises ont davantage pâti. « On en a eu plein, mais elles éclatent quand il pleut trop », poursuit le producteur.
Désormais, pour tenir jusqu'à début juillet avec les fraises, « il ne faut plus que ça chauffe trop. Si le temps se maintient, ça ira. »

« Saison décalée » pour les légumes

Même constat aux Jardins de Pontarcher, à Ambleny. « Le mauvais temps a surtout eu une incidence sur la régularité des semis de légumes, précise Sophie Desmarest. Normalement, c'est tous les dix à quinze jours. Parfois, pendant trois semaines, on n'a pas pu en faire. Mais en même temps, comme il faisait froid, ça ne poussait pas. La nature s'équilibre bien en fin de compte. »
Du coup, les légumes jardinières (navets, carottes, petits pois) arrivent au compte-gouttes. Certaines graines ont même pourri dans la terre en raison de l'humidité. « Mais il y a de quoi cueillir quand même. La saison n'est pas ratée, disons qu'elle est décalée. »
La saison aux Jardins de Pontarcher a démarré le 25 avril, « avec pas grand-chose, reconnaît la productrice. Du coup, ce n'était pas trop embêtant que les clients ne soient pas venus. En revanche, quand il y a de quoi cueillir et pas de fréquentation, c'est une perte sèche pour nous. » Elle aussi craint l'arrivée des pucerons et autres nuisibles s'il fait très chaud rapidement.
Comme le dit M. Gomot, « il est temps que la pluie s'arrête, on a tous besoin de soleil. » À qui le dites-vous !
Isabelle BERNARD

L'union l'Ardennais