Publié le mardi 18 mai 2010 à 13H00 - Vu 138 fois
Bière. L'économie expliquée par l'Atlas du patrimoine industriel de Champagne-Ardenne (Apic).
A la fin du XIXe siècle et jusqu'en 1914, les brasseries sont essentiellement artisanales. La première et seule brasserie de taille industrielle, la Grande Brasserie Ardennaise à Sedan, la GBA, est fondée en 1921. En revanche, les petites structures sont nombreuses en milieu rural, où le brasseur est aussi cultivateur. De petites brasseries urbaines approvisionnent également une clientèle locale ouvrière de plus en plus importante. Leur architecture ne se distingue pas de l'architecture civile et les signes distinctifs (monte-sac, girouette de malterie…) sont rares avant 1900.
Cependant, on assiste très tôt en Champagne à la création de malteries indépendantes, qui fournissent les brasseries locales ou parisiennes. La plus ancienne est sans doute celle de Rennepont (1882). Mais le maltage devient rapidement la spécialité de Reims et de son agglomération ; d'autres malteries font aussi leur apparition à La Chapelle-Saint-Luc, à Saint-Dizier, à Arcis-sur-Aube… À partir de 1960 se créent de grandes malteries industrielles, à l'initiative de Malteurop à Reims, puis du groupe céréalier Soufflet de Nogent-sur-Seine. Leur marché n'est plus constitué par la proche région, mais par la France et l'international. Aujourd'hui, la malterie champenoise occupe une place de tout premier plan puisque Malteurop et Soufflet sont les leaders mondiaux en la matière.
Peu de sites brassicoles remarquables subsistent en milieu urbain, à part l'ancienne brasserie de La Comète à Châlons et une partie du site de la brasserie du Fort-Carré, à Saint-Dizier. Les anciennes brasseries régionales, aux installations plus modestes, ont été conservées partiellement ou complètement à Troyes, Joinville, Vignes-la-Côte, Haybes, Fumay, Épernay… Quant aux petites brasseries de taille artisanale, plus nombreuses à l'origine, elles ont subsisté à Margut, Lonny, Charleville, Reims, Boulzicourt, Rimogne… Mais pour combien de temps ? Le patrimoine brassicole de Champagne-Ardenne disparaît progressivement et le faible nombre de témoins caractéristiques de cette activité laisse présager une disparition totale à moyen terme.
Heureusement, si les sites « historiques » deviennent rares, l'activité de maltage n'a pas cessé et l'activité de brassage reprend progressivement vie. Mais il est difficile ici de parler d'architecture caractéristique. En effet, les grandes malteries du groupe Malteurop (Reims, Pringy, Vitry-le-François) ou du groupe Soufflet (Nogent, Polisy, Arcis-sur-Aube) ne se distinguent guère des silos à grains très courants dans la région. La région Champagne-Ardenne a en revanche été touchée elle aussi par le phénomène des microbrasseries. Mais pas d'architecture particulière : à l'instar des anciennes brasseries artisanales, les microbrasseries occupent peu de place et s'installent habituellement dans des structures déjà existantes (café, grange…).
Conseils de visite : 11 micro brasseries sont ouvertes pour des visites : Orgemont à Sommepy-Tahure (51), La Champenoise et la 1625 à Bermericourt (51), Gabriel à Fontaine-sur-Aÿ (51). La Dervoise à Montier-en-Der (52), Abbaye de Vauclair à Giey-sur-Aujon (52). Ardwen à Launois-sur-Vence (08), PBA à Charleville-Mézières (08), La Sedane à Sedan (08). Moulin de-Saint-Martin à Saint-Martin du Bossenay (10), Jéphie à Méry-sur-Seine (10), Val'Aisne à Nanteuil-la-Fosse (02), Les Trois loups à Trélou-sur-Marne (02).
L'Atlas du patrimoine industriel de Champagne Ardenne est en vente au CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) 17, boulevard de la Paix à Reims.
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