Publié le jeudi 11 février 2010 à 09H53 - Vu 234 fois
De gauche à droite le directeur de Jardinier Massart , MM Tordo père et fils.
LOUIS Tordo n'est pas un patron comme les autres. Lui et son fils ont, de l'entreprise, une vision, hélas, un peu passée de mode à une époque où la logique du profit l'emporte sur les considérations humaines.
Assurément, le Niçois Louis Tordo, repreneur de Jardinier Massart, ferait le désespoir des conseils d'administration des fonds de pension. Son inspiration, il la puiserait plutôt dans Saint-Ex (Il n'est de richesse que d'hommes), que dans le journal de Wall Street.
Les 130 employés de Jardinier Massart arborent, au revers de leur blouse le blason ornant sur sa cravate, avec cette devise Omnia vincit amor (l'amour triomphe de tout). « Si vous aime, votre métier, si vous aimez le client, vous serez en mesure de le satisfaire, d'anticiper ses besoins, et cela passe par l'innovation… »
La première place
On l'a compris, Louis Tordo ne dissocie aucunement la réalité entreprenariale d'un management éthique. Et cela lui a plutôt bien réussi ! En quarante ans, le groupe Torbel (65M € de chiffre d'affaires, 550 salariés) s'est taillé la première place sur le marché français de la quincaillerie et figure parmi les premiers industriels européens.
Jardinier Massart, acquis par le groupe en mai 2006 est une des treize usines de production de Torbel qui exploite également trois sites de distribution en Roumanie, en Italie et en Suisse. Parmi leurs clients : les industriels, les grossistes et la grande distribution. Ferrures de volets, pentures anglaises, verrous baillonettes, paumelles, petite quinquaillerie pour le bâtiment : au total trente mille références.
Jardinier Massart, et l'Industrielle (rue Chanzy) peuvent donc se prévaloir, lorsqu'Ingbert Kirsch, PDG de KB2M, les a cédées à Torbel d'être tombées dans la bonne escarcelle, le groupe nourrissant de réelles ambitions sur un marché où la concurrence, notamment chinoise est assez rude. Comme bien des industriels, la holding Torbel, afin de diminuer les cout de production a importé de Chine. Une politique qu'elle a décidé d'abandonner en réintégrant la fabrication à Sedan.
Investissements
Le fils de Louis Tordo, Laurent, président du directoire, entend d'ailleurs investir dans l'usine de l'avenue de la Marne. Il a ainsi annoncé aux salariés que 300.000€ d'investissements seraient affectés cette année à la réfection de l'ancien atelier de zingage, au réseau electrique et en 2011 à l'isolation de la toiture, à l'achat d'une presse de 400 tonnes.
Dans le même temps, l'unité de Vrigne-aux-Bois, vétuste et n'offrant pas de bonnes conditions de travail sera abandonnée, son effectif rapatrié (80) sur Sedan à l'exception de dix ouvriers qui maintiendront la chaine de traitement de surface. Certes, Jardinier Massart n'a pas échappé à la crise, et a subi une baisse de 14 % de son chiffre d'affaires.
Aucune mesure de chômage partiel, ou de licenciement n'a toutefois été prise.
Laurent Tordo, fidèle à « l'esprit maison » que lui a légué son père ne veut pas sacrifier son âme de patron sur l'autel de la conjoncture.
J.-Y. B.
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